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U.C.I - GITEGA, LA REUNION FAIT LA FORCE

La nécessité de promouvoir l’entraide spirituelle, intellectuelle, matérielle et apostolique pour les prêtres incardinés dans un Diocèse s’avère une réalité aussi à Gitega. L’Association dénommée « L’Union du Clergé Incardiné » (U.C.I) dans l’archidiocèse de Gitega se veut une réponse à ce besoin.

Conformément à son Règlement d’ordre intérieur, les membres de l’Union du Clergé Incardiné (U.C.I) dans l’Archidiocèse de Gitega se réunissent au moins à deux occasions par an : premièrement pour une récollection préparatoire au temps du carême prévue le dernier week-end du mois de janvier ou au début du carême, et en second lieu pour une journée de partage et de détente en commun prévu au mois de septembre. Suite aux imprévus, cette deuxième rencontre au cours de l’année 2018, a été reportée au mois de novembre.

Ainsi, dans la salle Jean Paul II de l’Archevêché de Gitega, le lundi 26 novembre, à partir de 10h, l’U.C.I- Gitega a eu la joie de réunir 83 de ses membres avant de poursuivre avec une sortie en commun, en vue de vivre ce moment de détente qui devrait avoir lieu au mois de septembre.

Deux activités ont précédé ladite sortie : une conférence présidée par Dr Abbé Valentin NSABIMANA et l’élection du nouveau comité de l’U.C.I-Gitega.

Concernant la Conférence, Dr. Valentin a présenté à ses confrères le fruit de son travail sur ses récentes études, lequel travail l’a élevé au rang de docteur en Islamologie après l’avoir défendu brillamment à Rome, le 17/1/2018. Il en a décroché la mention Summa Cum Laude… Faisant lui-même partie de l’U.C.I-Gitega, Dr Valentin a offert, pendant une heure, une synthèse de sa thèse intitulée La Science de l’Imam selon la tradition primitive chiite. Tout le monde fut ému d’entendre clairement ce que c’est l’Islam original et la source de certaines de ses branches actuelles.

Et s’agissant de l’élection du nouveau comité, il est constitué désormais de : A. Fréderic NKURUNZIZA (Président) ; A. Venant MPOZAKO (Vice-Président) ; A. Gaëtan RUCEKE (Trésorier) et l’A. Timothée HAKIZIMANA (Secrétaire).  

Poursuivant la rencontre sur la colline Zege, un bel endroit qui offre une belle vue de la ville de Gitega et ses alentours, l’heure de la détente avait enfin sonné. Là, un vrai pique-nique a rajeuni tous et chacun. On respirait vraiment l’air très pur. C’est dans cette ambiance bon enfant que les jeunes prêtres ordonnés au cours l’été dernière ont été officiellement accueillis au sein de l’U.C.I-Gitega. L’Abbé Sébastien NIYONZIMA (qui fête cette année son 25 anniversaire d’ordination sacerdotale) et d’autres sages y reçurent l’occasion pour donner des conseils qui nourrissent le sentiment de fraternité qui doit caractériser tous les prêtres en général et les membres l’U.C.I en particulier.

Soulignons qu’au pique-nique étaient aussi présents des agents de l’ordre, y compris le commissaire provincial pour la protection civile. L’ambiance invitait à répéter sans tarder des occasions pareilles.

(A. Timothée HAKIZIMANA)

 

L'IMAM ET SA SCIENCE, L'U.C.I-GITEGA VEUT SAVOIR

Qu’un diocèse envoie ses prêtres se spécialiser en théologie, en philosophie ou autres sciences, cela sonne tout normal. Mais qu’un prêtre se spécialise en Islamologie, c’était, jusqu’ici, inédit dans l’Archidiocèse

L’Islam naissant, Dr Abbé Valentin nous éclaire 

Faisant partie lui-même de l’Union du Clergé Incardiné dans l’Archidiocèse de Gitega, Dr Valentin a présenté, ce 26 novembre, dans le cadre de la rencontre des membres de cette Association, une synthèse de sa thèse intitulée   LA SCIENCE DE L’IMAM SELON LA TRADITION PRIMITIVE CHIITE.LE CAS DU KITĀB BAṢĀʼIR AL-DARAĞĀT D’AL-ṢAFFĀR AL-QUMMĪ (m. 290/903). C’était dans la salle Jean Paul II sise au chef-lieu de l’Archevêché de Gitega. Dite œuvre est composée par 7 chapitres qui méritent d’être lus chacun à son temps et à tête reposée.

Mais avant tout, l’auteur précise 4 termes qui mettent la lumière sur l’Islam primitif :

1º) Chiisme imamite = Chiisme duodécimain : chiisme qui admet l’existence de 12 imams, dont le dernier considéré comme le Résurrecteur eschatologique reviendra à la fin des temps pour rétablir l’ordre et la paix en exterminant par l’épée les ennemis de ʽAlī et des pro-ʽAlī. Il est donc une sorte de messie. L’on trouve deux autres groupes de chiites admettant l’un l’existence de 7 imams seulement (ce sont les ismaélites), l’autre admettant l’existence de 5 imams (ce sont les zaydites).

2º) ʽAlī : Cousin, gendre et compagnon du Prophète de l’islam. Ses droits à la succession à Muḥammad, selon la conviction chiite, ont été usurpés par ses adversaires qui porteront plus tard le nom de sunnites. Les conséquences de cette « Usurpation des droits de ʽAlī » se traduiront pendant de longs siècles par des conflits même sanglants entre les pro-ʽAlī et leurs adversaires. Les pro-ʽAlī seront toujours les perdants de l’histoire, massacrés, persécutés, etc., de quoi entretenir une inimitié toujours aigue et une haine profonde d’un côté, et une espérance en un avenir meilleur avec le retour du Résurrecteur eschatologique, al-Qāʼim.

3º) Imam : Par imam, il faut entendre ʽAlī et ses onze descendants qui ont été à la tête du groupe des partisans de ʽAlī pendant à peu près 240 ans. D’abord ses deux fils al-Hasan et al-Ḥusayn, puis Zayn al-ʽĀbidīn, al-Bāqir, al-Ṣādiq, al-Kāẓim, al-Ğawād, al-Hādī, al-ʽAskarī, et enfin le tout dernier qui entra en occultation en l’an 860 de l’ère commune.

4º) Tradition ou ḥadīṯ : c’est tout ce que Muḥammad a enseigné en dehors de la révélation ; ce qu’il a fait et ce qu’il a laissé faire. Dans le domaine chiite, cette prérogative s’étend en plus aux douze imams et à deux autres personnes particulières : la femme de ʽAlī qui est en même temps fille de Muḥammad, c’est-à-dire Fāṭima al-Zahrāʼ et à Salmān al-Fārisī.

L’imam, pierre angulaire de l’Islam selon la tradition chiite : il mérite de lui vouer l’amour sacré

Ce qu’il faut noter, de prime abord, est que, selon la tradition chiite, en plus des 5 piliers ordinairement connus de l’Islam, c’est-à-dire la profession de foi (al-šahāda),  la prière (al-ṣalāh), l’aumône légale (al-zakāh), le pèlerinage à La Mecque (al-hağğ) et le jeûne du mois de Ramadan (ṣawm šahr ramaḍān), fort est de constater qu’il faut y ajouter un 6è pilier, à défaut de le prendre pour l’unique : la walāyaqui est l’amour sacré, amour indéfectible envers ʽAlī, les imams et les saints amis de Dieu, un amour qui implique ipso facto la haine sacrée envers les ennemis des imams et des saints amis de Dieu.

En effet, une tradition qu’on trouve dans le chapitre «Daʽāʼim al-islām » (c’est-à-dire les piliers de l’islam) du Kitāb Uṣūl al-Kāfī de l’illustre Muḥammad b. Yaʽqūb al-Kulaynī (m. 329/941) dit que : « Si quelqu’un passait toutes les nuits à prier, toutes les journées à jeûner, tout le temps à faire pèlerinage à La Mecque, et donnait tout son avoir en aumône, sans qu’il ait la walāya, tout cela serait compté pour rien » (lire Uṣūl al-Kāfī lil-Kulaynī, 2/13 no 5;  p. 1 de l’extrait).

Et Pourquoi le fidèle doit-il vouer la walāya, de façon particulière, à l’imam ? L’une des raisons est que l’imam est détenteur de la Science, non pas celle spéculative, mais celle initiatique, secrète, impénétrable à la raison raisonnante, la Science salvatrice, ʽilm. L’affinité entre l’imam et cette science est tellement grande que l’imam lui-même pourrait simplement être assimilé à elle.

Ainsi le célèbre ḥadīṯ qui ouvre par ailleurs le livre Baṣāʼir al-darağāt d’al-Ṣaffār al-Qummī, « ṭalab al-ʽilm farīḍa ʽalā kullī muslim » (la recherche de la science est un devoir canonique pour tout musulman » pourrait se comprendre de la manière suivante : « La recherche de l’imam est un devoir canonique pour tout musulman ».

Une trilogie est alors à noter : l’imam, la walāya, la science. Mais cette trilogie ne s’oppose en rien à la centralité de l’imam. La pierre angulaire est l’imam. Celui-ci détient et incarne la science initiatique dont la recherche est un devoir canonique pour tout homme. L’accession à cette science ne peut se réaliser qu’à travers la walāya sans laquelle le fidèle chiite ne saurait être fidèle au sens plein du terme.

Les origines de la Science des imams

Les imams sont les détenteurs de la totalité de la science sur la totalité des choses ! Cette science, ils l’ont apprises de Dieu, ils l’ont apprises des livres, ils l’ont apprises les uns des autres, ils l’ont apprises des reliques aux propriétés magiques. Les imams ont acquis de Dieu la Science de diverses manières, par révélation au moyen des entités célestes comme les anges et l’esprit de sainteté, par inspiration, par instruction directe ou indirecte par l’intermédiaire du Prophète de l’islam, de son vivant et même après sa mort.

Les imams doivent en outre la science à leur création particulière : ils ont été créés à partir de la lumière qui par ailleurs les accompagne dans leur mission sous forme de colonne de lumière. Dans chaque contrée de la terre, Dieu dresse pour l’imam une colonne de lumière (ʽamūd min nūr) visible uniquement par lui et le rattachant à Dieu. Par le biais de cette colonne, l’imam visualise notamment les actes des hommes.

Par ailleurs, des objets matériels utilisés par les saints amis de Dieu se sont constitués source de science pour les imams. C’est notamment la tunique d’Adam, la tunique de Joseph, l’Arme invincible de Muḥammad, le sceau de Salomon, le bâton de Mūsā (Moïse) et bien d’autres. Le bâton de Mūsā par exemple était pourvu de deux bouches, une  bouche à chacun des deux bouts du bâton ! Avec ces bouches, ce bâton parlait chaque fois qu’il était interrogé.

Les imams ont également acquis leur science à partir des livres dont certains sont connus, alors que d’autres sont secrets. Les imams sont les seuls à les avoir en leur version originale et c’est cela leur particularité. Les autres en ont dans des versions modifiées et transformées. Les imams détiennent l’interprétation tant exotérique qu’ésotérique de ces livres. Mentionnons parmi ces livres en guise d’illustration le livre de Muḥammad, le livre de ʽAlī, le Feuillet englobant, le Recueil de Fāṭima, les tablettes de Mūsā, le Recueil d’Ibrāhīm, le Coran, etc.

En vertu de leur  science inégalable, les imams occupent ou voudraient occuper une position particulière dans la communauté.

Pour se résumer, la tradition chiite admet queles guides sont de deux sortes : il y a des guides de la justice (aʼimmat al-ʽadl), à entendre les imams, et des guides de l’injustice (aʼimmat al-ğawr) qui conduisent la création vers la perdition. Les premiers viennent de Dieu et dirigent la création vers la voie droite. Ils ont reçu de Dieu le pouvoir et la guidance (hudā). Les seconds sont les usurpateurs du pouvoir et des droits des premiers, et n’ont pas été mandatés par Dieu. Quiconque veut être bien guidé est appelé à se mettre à l’école du guide de la justice, à chercher la vraie science auprès de lui car celle-ci ne peut être trouvée nulle part ailleurs.

En somme, c’est l’imam-même qu’il faut chercher et lui vouer l’amour total, profond, indéfectible (walāya), ce qui signifie accepter volontiers sa guidance parce qu’il est détenteur de la science, et divorcer d’avec son ennemi ou son adversaire en lui réservant une haine abyssale.

Les recherches de notre cher confrère Valentin NSABIMANA nous ouvrent une voie qui guide vers un tas de connaissances surprenantes. De toute évidence, son livre mérite d’être lu attentivement.

(A. Timothée HAAKIZIMANA)

 

ORDINATION SACERDOTALE 2018 (Kibumbu, 21 juilllet 2018).

Sous le thème « Me voici Seigneur, envoie-moi » (Is. 6,8), la paroisse Kibumbu, en communion avec la commission diocésaine des fêtes, dans l’Archidiocèse de Gitega, a organisé, cette année 2018, les cérémonies d’ordinations sacerdotales, diaconales ainsi que la collation des ministères d’Acolytat et de Lectorat. L’événement a eu lieu en date du 21 juillet.

La messe d’ordination a commencé à 9h35 du matin, par une belle procession des ordinands et des prêtres, depuis l’Eglise paroissiale vers le terrain de football de Kibumbu, où tout avait été préparé pour la circonstance. Une foule immense de fidèles et de consacrés, tous en liesse, était  sur place. A l’œil  nu, l’organisation, l’aménagement des lieux et le déroulement des cérémonies resteront  des meilleurs qu’on a vus jusqu’ici, à Gitega. Seize diacres ont  été ordonnés prêtres : il s’agissait de 10 prêtres qui dépendent directement de l’Archidiocèse de Gitega et de 6 religieux attachés à leurs Instituts respectifs (4 frères Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle et 2 de la Congrégation des Frères Bene-Yozefu). Les diacres ordonnés en ce jour étaient au nombre de 11, parmi lesquels 3 frères ABPRC. Les nouveaux acolytes étaient 11 et mêmement  les Lecteurs.

Dans son homélie, Monseigneur Simon NTAMWANA, l’Archevêque de Gitega, alors président desdites cérémonies, a salué le courage et le dévouement de l’Eglise-famille de Gitega en générale et de la communauté chrétienne de Kibumbu en particulier, pour l’accommodation bien   splendide de ce jour.

Visant l’assemblée en présence, l’Archevêque de Gitega a rappelé l’identité et la mission des prêtres aujourd’hui. Médiateurs entre Dieu et les hommes, les prêtres sont des instruments de l’Esprit Saint. Ils apportent aux hommes la consolation divine et les guident dans la voie de la réconciliation et la sauvegarde de l’environnement, support de la vie et révélateur du Créateur de toutes choses.  Les prêtres  que le Seigneur offre aux Burundais en ces temps sont aussi un don précieux en réponse à notre constante supplication « Mukama, dutabaze abasaserdoti benshi beranda », disait-il. Ainsi, l’archevêque Simon a invité tous et chacun à laisser ces nouveaux messagers de la Bonne Nouvelle exercer dorénavant le ministère de la réconciliation au Burundi qui, comme l’a noté le récent synode diocésain, est menacé par des divisions de tout genre ! Or, la mission de tout prêtre fait de lui un médiateur entre Dieu et son peuple : il apporte le message et la vie de Dieu aux hommes qu’il sanctifie à travers les sacrements. Toute sa vie, il doit œuvrer pour la délivrance des captifs et opprimés afin que ceux-ci retrouvent la liberté du cœur et l’espoir de vivre. A Dieu, le prêtre présente la misère, la prière et le sacrifice des hommes », renchérissait-il.

Egalement, Monseigneur Simon a insisté sur le bon comportement qui doit caractériser les prêtres, pour que, à travers leur témoignage de vie, les fidèles puissent reconnaitre la face de Dieu et recevoir sa vie. En effet, Dieu qui appelle le prêtre à son service le configure d’abord à lui, et, par son Esprit, le consacre à l’image de son Fils, Jésus Christ (cf. Lc 4,18). Le nom du prêtre est « Musanimana » (celui qui ressemble à Dieu). C’est pourquoi, il s’efforcera constamment à gagner aussi la sanctification personnelle suivant la recommandation de Jésus: « Vous donc, soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Ainsi, la vie du prêtre doit ressembler celle de son Maître, car sa vie est transformée par la vie-même du Christ. Cette grâce se réalise seulement chez les humbles. Pour ce, le pasteur de l’Eglise locale de Gitega demanda à ceux qui allaient recevoir l’onction sacerdotale d’imiter l’exemple de sagesse de Saint Paul apôtre qui, admirant sa vocation, dit : « je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vis en moi » (cf. Gal 2,20).

De cette manière, obéissants à l’Esprit de Dieu qui a guidé tous les apôtres, et toujours sous son action, ces nouveaux envoyés de Dieu conduiront les fils et les filles du Burundi à une réconciliation véritable avec Dieu, avec autrui et avec la nature.

S’agissant des discours prononcés pour la circonstance, l’action de grâce, le sentiment de gratitude envers Dieu, les félicitations à l’endroit des nouveaux Serviteurs et à l’endroit de l’Eglise catholique elle-même, tel était le message central de tous les intervenants.

La messe qui avait débuté à 9h30 prit fin à 16h00. Les invités se hâtèrent à se diriger vers le lieu de la réception, tout près des enceintes de la paroisse Kibumbu. Pourtant, la joie était tellement si grande qu’on ne voulait pas quitter si vite les lieux. Vive l’appel au sacerdoce dans l’Eglise ! (A.Timothée HAKIZIMANA).

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RECOLLECTION DES MEMBRES DE L'UCI-GITEGA , (12-2-2018)

 (PREPARATION AU CAREME 2018)

Le lundi, 12 février 2018, à la Procure Sainte Marthe de Mushasha a eu lieu l’habituelle récollection des Prêtres membres de l’Association dénommée Union du Clergé Incardiné (U.C.I) de Gitega, en guise de leur bonne préparation à la période du Carême. Le thème d’instruction était libéré comme suit : « LE SACERDOCE DU CHRIST, SACERDOCE DU PRETRE ». A 9h45 du matin ont commencé les activités. Après que le Président de l’Association, l’Abbé Fréderic NKURUNZIZA ait souhaité la bienvenue à tous, et signalé le programme de la journée, le Père Avit VYUMVUHORE, choisi prédicateur de ladite recollection, a développé le thème susmentionné en trois points saillants : L’essence du sacerdoce, le Modèle du  sacerdoce et les Défis du sacerdoce.

Parlant de l’essence du sacerdoce, le Père Avit s’est servi de la Lettre aux Hébreux, surtout le chapitre 5 (à côté d’autres passages bibliques) et du Document Conciliaire Presbiterorum Ordinis disant que le sacerdoce est avant tout « un don de Dieu le Père à l’humanité ». Personne ne s’en attribue ! Pas même le Christ. Le prêtre est le médiateur de l’Alliance nouvelle. Il offre à Dieu les sacrifices du peuple et, par lui, Dieu offre sa grâce et sa miséricorde à son peuple. Tous les pouvoirs lui conférés  par l’Ordination/Consécration ne sont que participation au sacerdoce du Christ, Prêtre par excellence, Saint et sans tache. Imitant toujours la communion intime et profonde qu’il y a entre le Père et le Fils, les prêtres sont des collaborateurs irremplaçables des Evêques. Leur ministère s’exerce par la triple fonction d’Enseigner, Sanctifier et Gouverner le troupeau de Dieu.

En 2ème lieu, le Père Avit a parlé du modèle du sacerdoce. Le modèle unique et éternel du sacerdoce n’est autre que Jésus Christ. Tous les prêtres sont et doivent être des imitateurs du Christ (cf.1Cor 11,1), car l’onction qu’ils ont reçue et les pouvoirs qui leur sont investis sont toujours participation au sacerdoce du Christ (cf. Jn 20,21-23 ; Jn13, 13s ; Lc 22,14-20 ; Jn 15). Bien sûr, il y a d’autres modèles que propose l’Eglise aux prêtres, mais ce sont des modèles au 2è niveau. Le prédicateur a insisté sur le modèle du Saint Curé d’Ars, homme de la prière, homme de l’Eucharistie, homme hanté par le souci du salut des hommes, et l’homme martyr du confessionnal. Ainsi, le prêtre devra imiter la sainteté même du Christ. Comme le Saint Curé d’Ars, le Père Avit a aussi lancé cette interpellation à tous et chacun : « Prêtre, apprends à connaître ta dignité !... Et, utilisant les paroles du Cardinal Lavigerie quand il s’adressait à ses frères -Pères blancs-,  notre prédicateur certifia : «  Vous ne sanctifierez personne si nous ne commencez pas par travaillez courageusement à votre sanctification ! ».

Au 3ème point,  le Père Avit a souligné quatre défis majeurs à la vie du prêtre aujourd’hui : 1º) La sainteté, désir froissé par les difficultés et la peur de s’engager ; 2º) la vie de Communion entre les prêtres eux-mêmes, puis entre les prêtres et leur Evêque (qui doit être un point de force pour rassembler les communautés déchiquetées des fidèles) ; 3º) le discernement ; et 4º) Faire attention aux faux prophètes.

Après cette belle instruction, on a eu un moment de pause, de méditation et des confessions, suivi par la Messe dirigée par le même  prédicateur de la récollection.

Et pour terminer en beauté le programme, les participants ont partagé les agapes fraternelles au milieu desquelles le Président de l’UCI a accueilli officiellement les nouveaux adhérents. Ce repas a été agrémenté par le témoignage de l’A. Faustin NTIRUBAGWANGO racontant comment il a expérimenté la puissance de la main de Dieu qui l’a sauvé d’un accident que tous auraient pu juger mortel. Que Dieu soit loué maintenant et toujours ! (A. Timothée HAKIZIMANA, Rapporteur).

LE GRAND SEMINAIRE SAINT JEAN PAUL II EN JUBILÉ (1994-2019)

C’était le 6 Janvier 1994, jour de l’Epiphanie, que le Grand Séminaire Jean Paul II a  officiellement ouvert ses portes. Après 24 ans d’activité, ce même Grand Séminaire est marqué par une grande joie d’ouvrir son année jubilaire d’argent ce 7 Janvier 2018, Solennité de l’Epiphanie du Seigneur.

Les cérémonies ont été honorées par la présence de tous les Evêques catholiques du Burundi , les Recteurs des grands séminaire du Burundi,  les jeunes prêtres récemment  ordonnés au cours de l’été de 2017 et les représentants des promotions des séminaristes qui ont étudié dans ce Séminaire, depuis 1994 jusqu’en 2016, les  différents supérieurs des Congrégations religieuses, les religieux et religieuses de l’entourage, les autorités civiles dont quelques honorables députés, le gouverneur et le commissaire régionale de GITEGA.

La célébration des événements a été débutée par l’Eucharistie présidée par Mgr l’Archevêque  de GITEGA Simon NTAMWANA.  Après l’accueil chaleureux donné, par Recteur du séminaire Mr l’Abbé Martin SINUMVAYAHA,  à  tous les invités présents, il a invité les séminaristes à entonner l’hymne du jubilé du Grand Séminaire Interdiocésain Saint Jean Paul II.

Par la suite, l’Eucharistie s’est déroulée comme d’habitude, et c’est l’Evêque chargé des séminaires au sein de la CECAB, Mgr Bonaventure NAHIMANA, qui a donné l’homélie, en commençant par rappeler pourquoi le Grand Séminaire porte le Nom de  Jean Paul II.  C’est, dit-il, par le fait que ce Pape a célébré la Messe dans cet endroit  où se trouve le séminaire le 6 septembre 1990. Poursuivant, il a dit que cette ouverture coïncide avec le même jour de l’Epiphanie de 1994, jour d’ouverture de ce Séminaire. En cette solennité, la lumière qui a conduit les mages  est comme cette lumière qui conduit tout le peuple burundais vers la connaissance de Dieu ; l’étoile qui illumine le monde entier pour le salut. Nous sommes invités à suivre nous aussi cette étoile qui nous mène vers le Père. Comme les mages, le chrétien est celui qui se lève, qui sort de lui, en sa maison, vers la lumière, vers les frères et les sœurs. Notre vie est comme cette marche qui nous pousse  à nous abandonner et à fixer notre regard sur le Père lui qui est l’Alfa et l’Omega. Le Christ est le Chemin, la vérité et la vie, disait notre prédicateur. Il a terminé son homélie en souhaitant que en cette année jubilaire de 2018, le Roi de la Paix, de l’Amour, et de l’Unité nous accompagne, et que chacun ravive le don reçu grâce à l’Esprit Saint (Cf.2Tm 1, 6). Que le Séminaire soit une communauté des frères  animée par l’Esprit Saint ; qu’il se rajeunisse et continue sa mission d’être formateur des futurs prêtres qui vont porter la Bonne Nouvelle qui n’est autre que le Christ.

À la fin de la messe juste avant la bénédiction finale, ont eu lieu différents discours à savoir celui tenu par :

1º) Monsieur l’Abbé Martin SINUMVAYAHA, Recteur

Il a commencé par faire l’historique du séminaire. Les pionniers du Séminaire étaient au nombre de 58 séminaristes. Depuis cette date du 7 Janvier 1994 jusqu’à nos jours, il y a 24 ans, et le nombre de ceux qui ont fréquenté ce séminaire s’élève à 987.

Nous rendons grâce pour les bienfaits reçus de Dieu à travers ce Séminaire. Le premier séminariste inscrit dans les registres du Séminaire fut George BIZIMANA qui est actuellement l’évêque coadjuteur de Bubanza. Le dernier à la liste est actuellement SABUSHIMIKE Albin, étudiant en première année de théologie cette année. Ceux qui sont devenus prêtres jusqu’en cette date d’ouverture du jubilé sont au nombre de 719.

Les chrétiens d’alentours, quand ils fréquentent ce Séminaire, disent qu’ils vont chez le Pape du fait que ce lieu a été choisi et a accueilli le pape lors de sa visité au Burundi et la CECAB l’a voulu ainsi pour qu’il soit comme mémorial de cet évènement historique. D’où c’est un lieu privilégié, lieu où le Saint s’est rendu. Il est aussi  sous le patronage de Saint Joseph par le fait que ce lieu a été trouvé le jour du 1 Mai 1990, en la fête de Saint Joseph le travailleur, après tant de recherches d’un lieu favorable. D’où le séminaire a deux Saints Patrons,  Joseph et  Jean Paul II.

Le Recteur a remercié les invités qui étaient présents, pour leur  soutien,  prières et  présence ; mais aussi et spécialement ceux qui ont été recteurs de ce Séminaire, pour  leur bravoure, car ils ont fait tout pour que le Séminaire puisse progresser. Le premier de ces recteurs fut Mgr Venant BACINONI, Evêque de Bururi, le second fut  Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Evêque de Ngozi, ensuite vient Mr l’Abbé Léonard MANIRABONA puis  Mgr Georges BIZIMANA, Evêque  coadjuteur de BUBANZA.

Il n’a pas oublié de remercier aussi les différents Prêtres qui ont assuré l’économat du Séminaire en particulier le feu Abbé  Sylvestre HAKIZIMANA qui a commencé ses fonctions au moment de l’érection dudit Séminaire et qui a promu l’agriculture en ce lieu. Il a remercié également les différents prêtres qui ont été professeurs dans ce Grand Séminaire et spécialement le professeur Abbé Edouard KIROMBO qui est professeur depuis la création de ce séminaire jusqu’à nos jours. Il a souligné aussi les différents services que le séminaire rend chaque année à la nation par le sentiment  d’union qui se trouve dans les cœurs des personnes qui fréquentent ce  lieu.

Le recteur a également donné des objectifs à atteindre durant cette année jubilaire selon l’extrait de l’Epitre de Saint Paul à Timothée «  Ravive le don Spirituel que Dieu a mis en toi » (2Tm, 1,6).

-  Etre des vrais témoins de notre Seigneur

- Renouvellement de la formation des séminaristes suivant la déclaration de la Congrégation pour le clergé sortie le 8 Décembre 2016.

- Se concerter avec les professeurs afin que les études soient adaptées à nos jours toujours à la lumière de la doctrine de l’Eglise.

- Continuer l’œuvre de former les séminaristes à la bonne gestion de leurs biens et à l’autofinancement.

- Obéir aux professeurs talentueux que possède le Grand Séminaire dans les diverses recherches et formations.

- Enfin, le renouvellement de tous les bâtiments jusqu’à la clôture du jubilé.

Il a terminé son allocution en disant que le premier don de ce séminaire sont les prêtres, sans oublier les voisins et les bienfaiteurs de ce Séminaire. Et par là, il a invité tout le monde  et chacun à  se donner corps et âme pour que ce séminaire puisse raviver  son don spirituel comme nous l’indique le thème de cette année jubilaire.

2º) Le Président de la  CECAB : Mgr Joachim NTAHONDEREYE

Au nom de la CECAB et à mon propre nom, disait Mgr Joachim NTAHONDEREYE, j’ai la joie et l’honneur de profiter cette occasion pour ouvrir cette année jubilaire du Séminaire. Celui-ci est ainsi édifié grâce à la contribution de chacun. Soyez dans la joie  et la tranquillité, animé par un sentiment d’enthousiasme afin de construire l’unité partout où vous êtes. Le séminaire ne serait pas ce qu’il est, s’il vient à manquer une seule des structures ici présentes, étant donné que nous formons une seule famille. Le jubilé comme nous le présente le livre de Lévitique, est chose sainte, un temps de grâce qui a été voulu par Dieu Lui-même (cf. Lv 25, 8s). Il nous faut donc en profiter.

Que cette année soit une année de grâce  de Dieu qui nous a donnés ce Séminaire  et  de rendre grâce pour les personnes à travers lesquelles nous avons  pu bénéficier ce Don, notamment le Pape Saint Jean Paul II. Sans lui, et sans sa visite dans ce lieu, nous n’aurions pas ce Séminaire ici. Il y a d’autres personnes telles que Mgr Venant BACINONI et Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA qui étaient, l’un recteur et l’autre vice-recteur pour l’œuvre accomplie en faveur dudit Séminaire. Souvenons-nous aussi, continue-t-il, des Feu Mgr Joachin RUHUNA, Mgr Bernard BUDUDIRA, Mgr Jean Berchimans NTERERE et  Mgr Joseph NDUHIRUBUSA. Ainsi, il a invité l’assemblée à prier un Pater Noster et un Ave Maria pour leur rendre hommages ; sans oublier  de rendre hommage de façon particulière au Feu abbé Sylvestre BIZIMANA qui s’est donné beaucoup quand le Séminaire était encore désertique jusqu’à ce qu’il soit fertile. Il a aussi montré la grande part de Mgr Joachin RUHUNA qui a été l’initiateur de ce Séminaire et il nous  a proposé de planifier à faire un pèlerinage vers le monument de Mgr de RUHUNA jusqu’à sa tombe à la Cathédrale de Gitega.

Il nous a présentés également  un programme à suivre durant ces trois années à venir jusqu’en 2020, selon le désir de la CECAB :

*On veut que tout le monde soit porteur du message du Christ ;

*Que l’Eglise soit un instrument de paix et de réconciliation  et contribuer à l’aboutissement de la bonne gouvernance dans tout le pays, sans oublier la culture de l’entraide mutuelle et aboutir à la promotion de la personne humaine.

Il a terminé son allocution en souhaitant à tout le Séminaire une heureuse année  pour  raviver le don spirituel reçu de Dieu, et, que tous les programmes qu’on s’est fixé puissent se réaliser. Se servant de l’adage de Diognète qui dit que « la seule différence entre les chrétiens et les autres  est  que les chrétiens sont comme la lumière d’intelligence des autres », le Président de la CECAB a fini en souhaitant que le séminaire Saint Jean Paul II continue à former des bons séminaristes et des prêtres dignes de la mission du Christ. Ainsi déclara-t-il ouverte l’année jubilaire dudit Grand Séminaire.

Nous tenons à signaler que le représentant des Prêtres récemment ordonnés et le gouverneur de Gitega ont eu eux aussi le temps d’exprimer leur joie à traves de brefs discours. Les cérémonies étaient diffusées à la Radio Maria-Burundi. Et elles ont été clôturées par les agapes fraternelles. (Fratri Renaud Sixte NTUNGICIMPAYE) 

 

VOEUX DE BONNE ANNEE 2017: "Soyez les apôtres de l'Espérance et de la Miséricorde par votre Engagement pastoral au Service de la Réconciliataion"

 Suivant  la Bonne coutume dans notre Eglise locale,  le Pasteur du Diocèse souhaite en privé la Bonne Année à tous les prêtres et les consacrés. L’acte se fait toutes les années en deux occasions successives : d’abord le soir du 31 décembre,  juste après la messe de fin d’année, puis le jour du Pique-nique diocésain, qui est généralement fixé le 1 janvier, sauf quand cette date tombe un dimanche comme ce fut le cas de cette année (2017).   

Voici en intégralité les belles, profondes et émouvantes paroles que notre Archevêque, S.Exc Monseigneur Simon NTAMWANA a adressé aux envoyés apostoliques, prêtres et consacrés, de l’Archidiocèse de Gitega pour la circonstance susmentionnée :   

(Chères Sœurs, chers frères,)

Je me sens redevable envers chacune et chacun de vous, après avoir entendu les paroles que vous m’avez adressés par l’intermédiaire de Monseigneur le Vicaire Général. Je vous en remercie fraternellement et même tendrement, parce que je n’en étais pas digne. Je me rends de plus en plus compte que le petit vase où je verse votre communion reste trop petit pour contenir l’affection précieuse que je viens d’entendre, et que je vous ai vu développer le long de l’Année écoulée.

Je ne reviendrai pas à l’Année 2016, qui fut très chargée de la Miséricorde divine, face à nos divers besoins que le Père des cieux a vus et satisfaits. Je n’oublie pas le drame que le Burundi et nos familles ont vécu à travers la crise politique que nous traversons même aujourd’hui, puisque  nous avons nos chers compatriotes éparpillés dans divers endroits, de la prison à l’exil. Cette situation nous interpelle, aussi longtemps qu’elle n’est pas résolue.

Plaçons- nous maintenant en face de l’Année 2017. Nous lui avons donné l’orientation pastorale que nous connaissons tous : « Dukomejwe na Mutima Mweranda, nitube abatumwa b’ikigongwe c’Imana, mu rukundo, mu kuri no mu butungane kuri bose».

Nous sommes tous invités à fixer cet horizon avec courage et générosité pour réaliser cette charité pastorale. Cette même année est « Annus Domini », un nom qui confie cette durée de temps au Seigneur, parce qu’il en est le Créateur et la Providence. Une Année du Seigneur : c’est une Année du Père que nous les Filles et les fils du Père, devons passer en sa compagnie, sous sa bénédiction, dans une totale obéissance toute pleine d’Amour pour Lui et pour le frère et la sœur qu’il daigné placer à nos cotés. Quel grand don qui implique la question que le Père pourra nous adresser à la fin de cette Année, « Qu’as-tu fait de ton frère, de ta sœur ? ».

Nous le savons par parole d’amour qu’il nous dira constamment le long de ce laps de temps qu’il nous prête. Nous le saurons en écoutant ses prophètes qui nous secouent de diverses manières, du plus proche au plus éloigné, du plus petit qui nous exprime son besoin immédiat au plus grand et au plus digne qui nous commande au nom de notre même Père.

Parmi ces prophètes, je me permets de vous inviter à écouter le Saint- Père, notre courageux grand- frère. En ouvrant sa Lettre Apostolique « Misericordia et Misera », nous sommes frappés par la nouvelle route que nous sommes appelés à suivre à l’avenir : la route de célébrer  et de vivre la miséricorde dès maintenant à jamais. La miséricorde ne  peut être une parenthèse dans la vie de l’Eglise, mais elle en constitue l’existence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Evangile » (MM 1). »

« Le pardon est le signe le plus visible de l’Amour du Père, que Jésus a voulu révéler dans toute sa vie… Aucun d’entre nous ne peut poser de conditions à la miséricorde. Elle demeure sans cesse un acte gratuit du Père céleste, un amour inconditionnel et gratuit » (MM 2), même quand la miséricorde s’exprime à travers le pardon fraternel de la réconciliation entre deux personnes. Voilà pourquoi tout acte de miséricorde est créateur : il transforme la vie et la change.

« Face à ce regard aimant de Dieu, nous ne pouvons pas rester indifférents, car il change la vie » (MM 4). Ainsi « à l’heure où s’achève le jubilé, il est temps de regarder en avant et de comprendre comment continuer avec fidélité, joie et enthousiasme, à faire l’expérience de la richesse de la miséricorde divine. Nos communautés pourront rester vivantes et dynamiques dans la mission de nouvelle évangélisation dans la mesure où la conversion pastorale que nous sommes appelés à vivre sera imprégnée chaque jour de la force rénovatrice de la miséricorde. Ne mettons pas de limites à son action, n’attristons pas l’Esprit qui indique toujours des chemins nouveaux pour annoncer à tous l’Evangile du salut » (MM 5).

« Avec une passion pastorale toujours renouvelée, rappelons – nous les paroles de l’Apôtre : « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère (et le message, la parole) de la réconciliation (2 cor 5, 18.19) » (MM 11). N’hésitons pas de pleurer sur cette patrie des Barundi qui est divisée entre ceux qui sont à l’intérieur du pays et ceux qui sont à l’extérieur, entre ceux qui ovationnent le pouvoir en place et ceux qui le contestent ! Et les gens commencent à percevoir ce clivage comme une nouvelle division suivie de conséquences et de faveurs vues et connues de tous.

Vous en conviendrez avec moi, les pleurs ne suffisent pas. Encourageons à la réconciliation. « L’Etat ne peut se contenter d’être puissant ; il se doit d’être juste, honnête, franc, et même compatissant pour rétablir l’unité des citoyens. Plutôt que  demander des réparations des punitions et des emprisonnements en vainqueur, il reconnaît ses erreurs et propose une réconciliation. En prenant l’initiative, lui qui est offensé, il se renforce déjà » (in Prêtres Diocésains no 1531, Déc 2016, p. 4) et la repentance devient un vrai remède qui lénifie les attitudes les plus cruelles que les citoyens peuvent avoir connues.

Je termine cette invitation que j’adresse à tous et à toutes d’être les apôtres de la réconciliation par cette intuition de Charles Péguy, un poète français du siècle dernier : « ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance…L’espérance est une petite fille de rien du tout qui est venue au monde le jour de Noël. C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes…Comme l’étoile a conduit les trois rois depuis l’orient vers la crèche, ainsi une flamme tremblante percera les ténèbres… » des haines qui, de façon cachée, en tous cas sous des semblants de paix, planent sur ce pays. Vous êtes cette Espérance aujourd’hui.  

A travers toute l’Année 2017que je souhaite bénie et riche en actes de miséricorde par le biais de notre engagement pastoral en faveur de la réconciliation, vous êtes cette espérance.

 Bonne année !   

+Simon NTAMWANA

Archevêque de Gitega.

LA FETE D'ORDINATIONS A GITEGA, Ed. 2016. Paroisse Gitongo, le 16/7/2016

« VOUS ETES LE VISAGE DE LA MISERICORDE DU PERE. »

A Gitega, l’ordination sacerdotale a été depuis longtemps un grand événement diocésain. Mais cette année, il nous faudrait un autre qualificatif plus expressif. En date du 16 juillet 2016, la Paroisse GITONGO s’est fait le « pole du monde », en accueillant des milliers de chrétiens venus de quatre coins du Diocèse, sans oublier les invités de marque des localités non-proches de Gitega, qui ont répondu massivement à la circonstance pour partager la joie ineffable de ce jour avec la communauté locale.

On remémorera toujours la splendeur des cérémonies en générale et plus particulièrement de la Liturgie, en ce jour.  

v  Douze séminaristes ont été institués lecteurs de la Parole de Dieu (parmi eux, trois frères de la Congrégation des Apôtres du Bon Pasteur et la Reine du Cénacle - ABPRC) ;

v  Douze séminaristes ont été institués acolytes  de l’Autel (entre eux, quatre de la Congrégation des ABPRC) ;

v  Treize nouveaux diacres ont été ordonnés (deux étant des frères de la Congrégation déjà mentionnée) ;

v  Neuf prêtres, parmi lesquels un frère Missionnaire des Pères Xavériens, enfin reçurent l’ordination sacerdotale des mains de S.Exc. Monseigneur Simon NTAMWANA, Archevêque de Gitega.  Voici la liste de ces derniers, plus leurs paroisses d’origine :

1.     A. HAKIZIMANA Moise, par. Gitongo

2.     A. IRANKUNDA  Jean Marie, de Nyabihanga

3.     A. KORERIMANA Joseph, de Gitongo

4.     A. MANIRAMBONA Georges, de Makebuko

5.     A. NDABOROHEYE Jean Dieudonné, Missionnaire Xavérien, de Murayi

6.     A. NIMUBONA Désiré, de Kibungere

7.     A. NKURUNZIZA Albert,  de Bukirasazi.

8.     A. NSABIMANA Jean Aimable, de  Murayi

9.     A. NZEYIMANA Dieudonné, de Kirimbi.

 

Dans sa prédication, l’archevêque, Simon NTAMWANA, a articulé son homélie au tour du thème : « VOUS ETES LE VISAGE DE LA MISERICORDE ». Rappelant d’abord le contexte actuel de l’année du jubilé extraordinaire de la Miséricorde divine, il a exhorté tous les fidèles à accueillir le « don extraordinaire » de « l’amour-en-surabondance » de Dieu, cherchant à y correspondre de tout cœur afin de manifester au monde que « Dieu a visité et sauvé son peuple » (cf. Lc 1,68). C’est là le fondement du mystère de la foi chrétienne. Nous n’avons plus de doute, la miséricorde de Dieu est vivante, toujours agissante, surtout à travers Jésus Christ, lui qui est le Visage de la miséricorde de Dieu ; « qui le voit, voit le Père ! » (cf. Jn 14,9). Toute sa vie, paroles et actes sont tous révélateurs de cette infinie miséricorde céleste », affirmait l’archevêque.

S’adressant plus particulièrement à tous et chacun des prêtres en présence, le successeur des apôtres à Gitega, a mis en relief l’identité et la mission premières des ouvriers ordonnés dans la vigne du Seigneur : « Prêtre, tu es un autre-christ ; Prêtres, vous êtes le visage de la miséricorde divine » ! Ainsi donc, à l’aurore que le Prêtre se sente comme le Christ qui se réveille offrant compassion aux disciples qui lui crient au secours (cf. Lc 8,24) ; dans sa prière, que le prêtre nous porte à Jésus, lui qui intercède sans cesse pour nous auprès du Père ». Par-là, l’archevêque invita tous les prêtres à se faire un examen autour de cette question: « Comment ai-je vécu mon ordination ? ».

Selon Msgr Simon, « Tout ministre ordonné aurait trahi sa mission si jamais il n’aurait pas manifesté l’image de la miséricorde de Dieu, prenant des décisions personnelles liées à la justice, au savoir et à l’amour seulement humains ; il aurait trahi son identité si jamais il oubliait de vivre en « autre-Christ ».

 L’archevêque termina son homélie en interpellant ceux qui allaient recevoir l’onction sacerdotale à « être miséricordieux comme le Père » (Lc 6,36). A toute l’assemblée, il a lancé un appel pressant à avoir, vivre et extérioriser l’amour miséricordieux, qui tend toujours à comprendre, à pardonner, à accompagner, à attendre, et surtout à intégrer (cf. Amoris Laetitia, 312).

A. Timothée HAKIZIMANA. 

ORDINATION À GITEGA 2015 (Sanctuaire Marial Notre Dame de la Miséricorde de Mushasha)

Samedi, 18 juillet 2015, ce fut l'occasion des Ordinations presbytérales et diaconales dans l’Archidiocèse de Gitega et dans le Diocèse de Muyinga. Ici nous vous relatons en bref le déroulement des cérémonies à Gitega.

Le soir du 17 juillet, dans une Messe solennelle qui a duré de 18h15 à 20h, les ordinands prêtèrent Serment du Célibat Consacré.

Le Grand Jour venu, le Sanctuaire Marial de Mushasha s’est transformé en un jardin d’innombrables fleurs, fleurs de diverses couleurs, couleurs sans taches ni rides. Notre Archevêque, S. Exc. Msgr Simon NTAMWANA, accompagné par l’évêque de Rutana -S.Exc. Msgr Bonaventure NAHIMANA et celui de Ruyigi –S. EXc. Msgr Blaise NZEYIMANA a présidé ces magnifiques cérémonies répartissant les bienfaits de Dieu selon la Sagesse et le bon Vouloir divins. Un nombre vraiment remarquable de prêtres, venus d’un peu partout et réunis autour du Saint autel que jouit l’esplanade du sanctuaire marial de Mushasha,  faisait penser à un petit Royaume de serviteurs de Dieu. Les chrétiens laïcs avaient aussi répondu massivement à l’événement.

Ont été ordonnés :

a)  10 Prêtres, parmi eux deux religieux : un xavérien et un Apôtre du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle. Les voici : BAKANIBONA Hermès (de NDAVA) BUGEGENE Julien (de MUGERA), HAKIZIMANA Emmanuel (de GIHIZA), HASABAMAGARA Thévénon (de Bugenyuzi), NAHAYO Thérence (de Bukirasazi), NDUHIRUBUSA Privat (de MUBUGA-RUTONDE), NIYOMWUNGERE Ezéchiel (de Mushasha), VYUMVUHORE Sylvestre (de MURAYI), Frère CISHAHAYO Adrien  (ABPRC – Minago-Bururi) et NAYUBURUNDI Léonidas (Xavérien –Makebuko-Gitega).

b) 8 diacres : HAKIZIMANA Moïse (de Gitongo), IRANKUNDA Jean Marie (de Nyabihanga), KORERIMANA Joseph (de Gitongo), Georges MANIRAMBONA (de Makebuko), Désiré NIMUBONA (de Kibungere), Albert NKURUNZIZA de Bukirasazi), Jean Aimable NSABIMANA (de Murayi) et Dieudonné NZEYIMANA (de Kirimbi).

Avant ces derniers, 13 séminaristes (entre eux deux frères ABPRC) ont reçus le Ministères d’Acolytat et 12 séminaristes (entre eux 4 frères ABPRC) reçurent le Lectorat.  

c) Pour le Ministère d’Acolytat , il s’agissait de Thérence BARAGAFISE (de Gisozi), Eric KWIZERA (de Gisozi), Désiré NIJIMBERE (de Nyabiraba), Suggesper NKURIKIYE (de Buhoro), Sixte NSHIMIRIMANA (de Yoba), Evariste SURWIGANO, Emery IRANKUNDA (de Mushasha), Joseph - Désiré NGENDANGANYA (de Mutoyi), Ezéchiel NIYOMWUNGERE (de Nyangwa), Denis NKENGURUTSE (Nyarusange), Léopold NKURUNZIZA (de Buhoro), Frère Etienne NZOBAKENGA et Frère Désiré SINZO (tous deux des ABPRC)

d) Les nouveaux lecteurs sont : Alexis BIGIRIMANA (de Kibumbu), Fabrice HAKIZIMANA (de Gisozi), Nestor NDAYIZIGIYE (de Mutoyi), Aimé Désiré NSABIMANA (de Nyangwa), Deodatus HABONIMANA (de Kibungere), Théophile NDAYISHIMIYE (de Muyuga), Gérard NIYONZIMA (de Gitongo), Janvier NZOYIHAYA (de Gisozi), Frère Désiré GAHUNGU, Frère François NDAYIZEYE Frère Georges NIYONKURU et Frère Pacifique NTUKAMAZINA (4 ABPRC).

La messe qui avait débuté à 9h40 prit fin à 15h passées. Ensuite les agapes fraternelles ont été partagées dans le Centre Magnificat de l’Institut des Sœurs Militantes de la Sainte Vierge Marie.

Veillez consulter la sous-page  « Souffle pour âme » pour lire et méditer l’homélie de ce grand jour !

 (A. Timothée HAKIZIMANA) 

MAI 2015, UN MOIS BIEN TERMINÉ DANS L’ARCHIDIOCESE DE GITEGA : un don de deux nouveaux prêtres dans deux jours successifs (Magarama, 30/5/2015, puis Kirimbi, 31/5/2015).

RETRAITE ANNUELLE DES PRETRES DE L'ARCHIDIOCESE DE GITEGA (1er groupe) AU FOYER DE CHARITÉ DE GIHETA (18-23/01/2015)

La retraite a duré du dimanche soir, le 18 janvier, au 23 janvier 2015, dirigée par l'Abbé Venant MPOZAKO, Curé de la  paroisse  et Recteur du Sanctuaire National marial de Mugera. La retraite a commencé dans la même soirée du 18 janvier avec une stimulante introduction où le predicateur a rappelé le but du temps dédiée à la retraite : « ÊTRE À L’ECART POUR SE REPOSER AUPRÈS DU MAÎTRE ». En effet, quand les apôtres revinrent de la mission, Jésus leur adressa cette invitation : « … Venez à l'écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Mc 6,31). La retraite, c’est ça ! Un repos, du calme, un recueillement,  laisser de côté les préoccupations dues aux activités habituelles et/ou quotidiennes pour se mettre à l’écoute de Celui sans qui, nulle mission est accomplie : Jésus, le Christ, le Maître et le Premier des Envoyés. La retraite est un temps de repos autour, avec et dans le Christ. Ce n’est jamais un temps perdu. C’est un temps qui fait essentiellement partie du ministère sacerdotal. Son but principal peut se résumer en un mot : « se ressourcer / se rafraîchir ». Voilà la raison pour laquelle un groupe important de prêtres de l’archidiocèse de Gitega secoue le temps, s'éclipsent des paroisses une semaine durant et s’approche de Jésus dans un désert surnommé « Foyer de Charité » pour « recharger la batterie », pour se préparer à être des envoyés renouvelés, recréés par la force même de Dieu.

Le thème général de ladite retraite était libellé ainsi : « NOUS TE RENDONS GRÂCE SEIGNEUR CAR TU NOUS AS CHOISIS POUR SERVIR EN TA PRÉSENCE DANS L’EGLISE-FAMILLE ».   Avec ce thème, les participants ont été invités, de prime abord, à l’action de grâce pour tout ce que font les prêtres dans l’Eglise au nom de Jésus. 

Au 1er jour, l’idée centrale de la prédication reposait sur le fait que la vocation sacerdotale est un don et un mystère. Pour entrer dans ce mystère, le prêtre a besoin de faire silence et se poser cette triple question : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pour dire, quelle est mon identité ? Un nouveau départ d’envoyés renouvelés nécessite ce moment de rentrer en intimité avec le Maître de la mission et de la moisson. Dieu vient dans le silence (voir l’expérience d’Elie à l’Horeb ; cf. 1R 19). Le prêtre en retraite se laisse remplir et conduire par le saint Esprit, la « cause performante » depuis la création, selon l’expression de saint Basile. Ainsi, il pourra servir l’Eglise, Sacrement de la présence du Christ au milieu des hommes, dans le mystère de la communion de la mission (cf. LG, nº 1).

Dès le 1er jour, l’idée centrale de la prédication reposait sur le fait que la vocation sacerdotale est un don et un mystère. Pour entrer dans ce mystère, le prêtre a besoin de faire silence et se poser cette triple question : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Ce qui donne veut signifier le besoin de donner réponse à la question « Quelle est mon identité » ?

Dans cette retraite, l’objectif est aussi de réfléchir sur ce questionnement afin de repartir renouvelés. Or, pour un départ neuf d’envoyés renouvelés, il faut nécessairement ce moment de rentrer en intimité avec le Maître de la mission et de la moisson, car, lui seul peut renouveler la force de l’esprit apostolique en ses apôtres. Alors, « écoutons-le dans le calme, dans le silence intérieur et extérieur », recommandait, le prédicateur. Dieu vient dans le silence (voir l’expérience d’Elie à l’Horeb ; cf. 1R 19). Le prêtre en retraite se laisse donc remplir et conduire par l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint, lui qui reste la « cause performante » depuis la création, selon l’expression de saint Basile. Ainsi, le prêtre pourra servir l’Eglise, Sacrement de la présence du Christ au milieu des hommes, dans le mystère de la communion de la mission (cf. LG, nº 1).

 Appelés à accomplir les signes sacramentels dans le corps du Christ ressuscité, les prêtres secondent les Evêques, comme représentants du même Christ dans son l’Eglise, Tête et Pasteur. Ils sont placés non seulement dans l’Eglise, mais aussi en face de l’Eglise (cf. PDV, 16). Ceci dit, le prêtre est l’image du Christ par rapport à l’Eglise. L’unité entre l’évêque et les prêtres est alors essentiel, pour que cela soit ainsi. De même que la harpe et ses cordes demeurent unies pour donner du son, de même l’Evêque et ses prêtres doivent être unis pour que la mission qu’ils accomplissent au nom du Christ donne du fruit, explique Saint Ignace d’Antioche. Fondamentalement, il leur faut, pour cela, deux attitudes -entre bien d’autres- qui ont marqué la vie du Christ sur la terre : 1º) l’humilité, 2º) l’amour plein de compassion

1. Jésus est doux et humble de cœur (Mt 11,29) ; on le traite de tous les maux : on dira qu’il agit par la force de Béelzéboul, le prince des démons (Mc 3,22) ; les autres disait qu’il a un démon en lui, qu’il délire (Jn 10,20),  même les siens penseront qu’il a perdu la tête (Mc 3,21), on l’accuse d’être un blasphémateur (Mt 26,65 ; Mc 14,64 ; Jn 10,33),  et il se prend comme s’il n’était pas agressé ; au contraire, Jésus lave les pieds de ses disciples, il continue à faire du bien, il continue à servir jusqu’à l’impensable. Au lieu de répondre à la violence par la violence, il pardonne à tous et demande d’aimer à tous jusqu’aux ennemis. Il se charge de leurs souffrances comme annoncé par le prophète Isaïe (53,4). Humilié, il n’ouvre pas la bouche, sinon que pour pardonner.  

Ainsi, doit vivre le prêtre, qui est un autre Christ au milieu de son peuple : doux, humble de cœur et heureux. Cela demande un renoncement aux ambitions personnelles, un renoncement à toute sorte d’esprit dominateur, en vue de pouvoir imiter le Christ qui n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie comme rançon pour libérer une multitude de gens (cf. Mt 20,28). Cela exige suivre Jésus  sans mettre de distance, marcher ensemble avec lui, l’accompagner jusqu’à la croix.

2.  Deuxièmement, il faut noter que la compassion est un trait essentiel du sacerdoce. L’amour pastoral du sacerdoce doit être imprégné su caractère affectif et compatissant. Jésus ressent la compassion pour la foule, pareille à des brebis sans berger ; sous cette compassion, il a pitié des malades et il les guérit le corps et le cœur ; il nourrit la foule affamée, symbole de la future Eucharistie. Devant la misère des hommes, Jésus ne reste pas indifférent : il pleure devant le tombeau de Lazare, … Ainsi, le charisme sacerdotal demande intrinsèquement au prêtre l’amour de tous les hommes auxquels il est envoyé : les souffrants, les pauvres, les pécheurs, en premier. Et, le modèle de cet amour universel et sans limite, il ne peut le trouver qu’en Jésus Christ, son maître. Pour cela, il lui faut connaître bien ses brebis.

Actuellement, il s’oppose devant les missionnaires de l’Evangile un défi majeur : la mondialisation séculariste et désacralisante faisant succomber à sa guise même la fidélité sacerdotale. L’occident repend sans difficultés l’amalgame de problème consécutifs à ce même défi via la télévision, l’internet, le téléphone,…, ce qui suscite même chez les africains, chez les Burundais des attitudes douteuses : les retards à la messe, les absences à la prière      observés même chez les prêtres ; la tentative croissante d’éliminer Dieu dans notre vie quotidienne, la fameuse égalité des genres, la recherche effréné du plaisir du moment le confondant avec le bonheur, le féminisme, l’horrible légalisation de l’homosexualité et du lesbianisme, la reproduction et le planning artificialisés, la lâcheté vis-à-vis de l’éducation responsable, etc.

Alors, qu’est-ce que le monde peut attendre des prêtres devant cette situation ? Le monde a besoin de Dieu. Il a soif de combler ce vide intérieur qu’il se crée par ses actions erronées. Combler les attentes du monde, le prêtre seul ne saurait y arriver. Mais, lui devra être le Christ pour pour tous les hommes, surtout ceux qui titubent sur le chemin de la félicité : oui, il doit parler du Christ aux hommes et des hommes au Christ, mais aussi, il doit incarner la personne du Christ devant eux. « Le témoignage touche beaucoup plus le cœur que les paroles », disait le pape François. Ainsi, le prêtre cherchera à amener ou ré-amener le monde à la rencontre avec Jésus. Où trouvera-t-il une telle force pour témoigner fidèlement de la vie du Christ ? Nulle part ailleurs que dans la prière, la méditation profonde de la parole de Dieu, la Lectio Divina, l’Oraison,… Il en a besoin aujourd’hui plus que jamais pour faire correspondre la parole proclamée à sa vie.

En célébrant le mystère pascal, dans la mesure du normal, le prêtre devait se rendre compte qu’il vit effectivement ce qu’a vécu Jésus le Jeudi et Vendredi Saints.  Car, l’actualisation de ce mystère dans chaque Eucharistie est une pure réalité, et cela par les mains du prêtre. C’est pourquoi, quand celui-ci proclame : « Il est grand le mystère de la foi », tout le monde devrait se lever pour proclamer ensemble le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Toutefois, faut-il que le prêtre de pose toujours cette question : « Suis-je livré uni au Christ comme il le fit Jeudi et Vendredi saints ?

 

En guise de conclusion, le prédicateur a demandé aux participants à la retraite de s’émerveiller toujours de leur vocation au sacerdoce. Comme le Saint Curé d’Ars et Sainte Catherine de Sienne y méditer souvent et richement, il faut les imiter. « Si le prêtre se comprenait, il survivrait à peine », disait Saint Jean Marie Vianney. L’Abbé Venant Mpozako clôtura les instructions demandant à tous de se mettre dans le mains de la Sainte Vierge Marie, mère des Prêtres et lui confier les grâces et les lumières reçues au cours de ce temps de retraite afin qu’elle aide tous et chacun à garder sa lampe allumée, dans ces jours où nombreux courants sont dressés pour l’éteindre. 

Evaluation de la première année de sacerdoce pour les prêtres ordonnés le 19 juillet 2015 (Procure Sainte Marthe, le 13/7/2015)

En date du 24 juin 2015, monseigneur Simon NTAMWANA, Archevêque de Gitega a convoqué les jeunes prêtres ordonnés le 19 juillet 2014 à une rencontre d’évaluation de la première année.

Le jour arrivé, le 13 juillet 2015, la réunion a eu lieu dans les enceintes de la procure Sainte Marthe, depuis 9h30 à 14h00. L’évaluation portait comme annoncé sur 3 questions : dans votre 1ère année du sacerdoce, Qu’est-ce qui a été positif pour vous? Qu’est –ce qui a été négatif pour vous ? Quelles sont vos résolutions ?  

En guise d’introduction Msgr Simon a rappelé l’identité du prêtre, sa spiritualité, son essence missionnaire et apostolique. « Le prêtre est un homme spirituel », disait-il. En effet, il vit sa foi et son témoignage au milieu d’une communauté qui voudrait avoir au milieu d’elle un représentant de la personne du Christ. Il est spirituel Car il s’engage à vivre intensément dans la prière. Les saints rites qu’il accomplit, surtout l’Eucharistie, deviennent pour lui comme un medium, par lequel cette même communauté perçoit cet homme spirituel. Il est donc important que ces rites manifestent son attachement à la vie spirituelle. « En tout cela, c’est la pratique qui intéresse », tenait à préciser l’évêque. Le prêtre est aussi spirituel par les moments de sa prière personnelle, par les moments de ses recollections mensuelles, les moments de sa retraite annuelle, etc. 

Il est ordonné propter populum, en faveur du peuple. Il est sacerdos, c’est-à-dire celui qui donne les trésors sacrés, -celui qui donne les choses sacrés au peuple-. Cet attachement au peuple de Dieu remonte à la même incardination diocésaine, élément intrinsèquement indispensable pour un prêtre séculier.  

En 2è lieu, l’archevêque a signalé que selon ses constants généraux,  les jeunes prêtres de la promotion 2014 se sont bien comportés durant leur première année de sacerdoce. « J’ai remarqué que vous n’êtes pas des prêtres ambulants n’importe où, ratifiait-il. Ainsi, Je voudrais que votre vie soit une vie de pasteur attaché au peuple de Dieu et de façon ordonnée, car les prêtres sont fondamentalement des êtres de communion ».

Voici l’explication qu’il a donnée à ce sujet :

v Communion entre les mêmes jeunes prêtres : savoir se donner un clin d’œil dans le petit groupe. C’est une situation qui est déjà une tradition dans notre diocèse, dans notre Eglise : il faut en profiter au maximum déjà depuis le Grand séminaire.

v Communion avec les membres des communautés sacerdotales où on est : cette relation doit être productive pour que les charges pastorales ne soient insupportables. Les moyen pour y arriver sont : le dialogue, les réunions communautaires… C’est ici où chacun prouve de sa qualité d’être  un homme ecclésial ;

v Relation avec les fidèles : ce n’est pas une relation de récréation ni de familiarité, mais une relation de pasteur ;

v Communion avec les autres confrères prêtres : il s’agit d’élargie les relations fraternelles jusqu’à tout le presbyterium diocésain.

v Communion avec l’évêque, et à travers lui, relation avec l’Eglise, et donc, relation avec le corps mystique de l’évêque. Ceci est un rapport qui inspire toujours une relation de confiance guidé par un sentiment du Père au fils, et vice versa.

Pour l’évaluation, l’évêque proposa de répondre, entre autres, aux questions suivantes :

ü  L’intention de messe, toute l’année, l’avez-vous reçue régulièrement?

ü  Faites-vous parties de l’UCI diocésaine ? Vous êtes-vous acquitté de vos contributions ?

ü  Comment est ta vie communautaire et relationnelle à la paroisse où tu es nommé ?

ü  As-tu lu au moins un livre après ta formation au Grand séminaire ?

ü  Etc.   

 Alors, sous l’égide du Secrétaire du Bureau Pastorale de Gitega, l’Abbé Audace NZOPFABARUSHE, chaque prêtre a saisi l’occasion, tour à tour et par ordre alphabétique des prénoms, pour lire son rapport. 

Voici la liste des jeunes prêtres de la promotion 2014 el les paroisses où ils ont passé leur 1ère année de sacerdoce. 

1. Abbé Aloys Nderagakura, Paroisse Bukirasazi.

2. Abbé Basile HARUSHA, paroisse Gishubi

3. A. Boniface KWITONDA, Paroisse Yoba 

4. A Caritos NIYOYITUNGIYE, Paroisse Mugera

5. A Dieudonné HAKIZIMANA, Paroisse Rukundo :

6. A Dieudonné NGENDANZI, Séminaire de Mugera

7. A. Elysée HABOGORIMANA, Paroisse Makebuko.

8. A. Jean Claude KUBWIMANA, Paroisse Murenda.

9. A Jérémie NDAGIJIMANA, Paroisse Karusi

11. A Prosper NIZIGIYIMANA, Paroisse Buhoro

12. Abbé Timothée HAKIZIMANA, Paroisse Mushasha

 Dans leurs rapports, on n’a pas écouté beaucoup d’éléments négatifs sauf à Gihiza où l’Abbé Placide a connu une malencontreuse situation communautaire. Lui-même se réjouit de ce que, selon les nouvelles nominations, il soit changé de poste.  

 A la fin,  Msgr Simon Ntamwana, Archevêque, répondant à certaines inquiétudes soulevées par les jeunes prêtres, il a émis les conclusions et interpellations que voici, : 

1.      Nous déplorons ce qui est arrivé à l’A Placide. Puisse la situation se calmer entre les composants de cette communauté. Cependant, je suis heureux de ce que vous avez pu le secourir comme prêtres d’une même promotion.

2.      J’ai été frappé par la jeune patience que vous avez montrée dans votre 1ère année de sacerdoce.

3.      Je suis ravi de ce que les paroisses aient déjà  songé à votre besoin de communication

4.      Mais, j’ai des préoccupations :

 Dans le prêtre, on a tendance à voir la source de tous biens, de toute aide, de tout financement. Alors, ne soyez pas exploité par toutes ces sollicitions quand bien-même elles seraient familiales. On pourrait vous absorber dans toutes ces festivités si jamais vous y répondez  telles qu’on vous y invite.

v Sur les relations être les jeunes prêtres et les autres confrères ainés : elles sont toujours à ouvrir ou à améliorer. Ntawuca umugani umwana asinziriye ! Il faut que les plus expérimentés illuminent les moins anciens, et le plus vite possible, dans tous les domaines de la vie paroissiale et surtout la gestion paroissiale.

v Sur la programmation des réunions communautaires : c’est un droit. Il en faut toujours.

v Les livres de base : la Bible, le CIC, le CEC, les missels, …. Le diocèse ne peut plus les procurer à chaque prêtre. Alors, la perspective actuelle est de les disponibiliser dans chaque paroisse. Mais « s’il vous plaît, conservez en vous la volonté d’apprendre », demanda l’évêque, avec insistance.  

v L’hésitation de certains chrétiens à adhérer au projet d’auto prise en charge : il faut s’y mettre avec plus d’efforts. Le projet ne peut plus faire marche arrière.

A propos de la question cruciale de nos jours, « Que faire face à la situation politique actuelle ? »,  l’archevêque y répond aussi :

-         « Si la situation tendue perdure, nous allons vraiment l’affronter nous basant sur l’accord-cadre signé entre l’Eglise catholique et le Gouvernement burundais.

-         Le devoir du témoignage nous demande de dire la vérité. Or, toi et moi, nous sommes Eglise. Nous ne devons pas lâcher cette conscience. Alors, il nous faut être toujours des hommes d’Eglise. « Même si je me trompe, pourvu que je sois avec l’Eglise ». Dites-vous donc, « Pourvu que je me trompe avec Pierre ! » Il nous faut présenter en toute liberté la doctrine sociale de l’Eglise, même si certaines gens se sentent lésées par cette dernière ; 

-         Toutefois, il faut la prudence : il ne faut pas qu’on vienne s’attaquer à vous pour médisance ; 

-         Notre vraie réaction n’est pas de dire « Toi, toi,… que fais-tu ? Mais plutôt conscientiser la communauté chrétienne sur la vérité de l’Evangile. Restons alors proche de nos chrétiens, dans les CEB. Travaillons sur la qualité morale de nos chrétiens ».

 

La réunion se clôturera vers 14h30 avec un repas partagé dans salles des réceptions de la Procure Sainte Marthe de Mushasha. 

 

Patiri Pius NDUWIMANA yararengutse i Bukama atanumwe yari avyiteze! (9 myandagaro 2018)

Ku musi wa kane, igenekerezo rya 9 myandagaro 2018, niho hashinguranwa iteka Patiri Pius Nduwimana. Inkuka y’imisa yahererejwe muri Katedrale yo ku mushasha, iherezwa n’umwungere wa Diyoseze nkuru ya Gitega ahagatiwe n’abungere b’ama Diyoseze ya Ruyigi na Rutana, n’isinzi ryabasaserdoti. Abihebeyimana n’abakristu batari bake nabo nyene bari baje kumuherekeza.

Patiri Pius Nduwimana yari yavukiye mu Giheta /Rutegama/ kuwa 10/10/1971. Ama-shule matoya yayize kuva 1980 gushika 1988, ayisumbuye ayiga mw’iseminari ntoya y’i Mugera kuva 1988 gushika 1995. Inyuma yaho, amaze umwaka atohoza umuhamagaro w’ubusaserdoti mu bamisiyonari ba Afrika, yahisemwo gusaba Umwungere wa Diyoseze ya Gitega kuja mw’iseminari nkuru, atangurira i Burasira, asubira i Bujumbura, ahereza i Gitega. Umwaka wo kwimenyereza ubutumwa yawugize muri Paroisse Mutoyi. Yatiwe mu busaserdoti kuwa 16/7/2005. Aca atangura kurangurira ubutumwa muri paruwase Bugenyuzi muri 2005, hanyuma bamushira ku Rukundo muri 2007.  Kuva muri 2011 gushika ubu yarangurira ubutumwa muri Paruwase Nyangwa.

Patiri Pius yarafise ingabirano zidasanzwe nk’izo kwumviriza n’ukwunganira imitima imenetse, agasabira cane abarwaye. Yakunda gutumirwa kenshi kugirisha amapfungo abihebeyimana mbere n’abasaserdoti.  Yitabiye Imana ku kivi kuwa 4/8/2018, aho yari muri Kongo kwipfungisha ababikira bene Doroteya  b’i Cemmo. Nta gwara ihambaye yagendana. 

Nkuko umwungere wa Diyoseze nkuru ya Gitega, Musenyeri Simoni NTAMWANA, yavyerekanye mu nsiguro yatanze mu nkuka y’imisa gusabira Nyakwigendera Patiri Pius, ubuzima bwose bwuwo musaserdoti, ni “ishure rizima”: yaranzwe n’ukunywana gose na Kristu mu gisabisho, ubugamburutsi, ukwicisha bugufi, urukundo rw’ubutumwa,... Musenyeri Simoni ati: “Urwo rupfu rwamubereye nk’agasimbaryango kamushikana kuwo yemeye: Indagano ziwe z’ubusaserdoti zirarangutse mu buryo bwuzuye. Kristu mfungurwa y’ubuzima ari kumwe nawe”.

Patiri Pius, ni wiruhukire mu mahoro y’Imana wamye wizigiye, wakunze kandi ugakorera !

 

 

LE SERVITEUR DE DIEU, A. GAMALIEL BARANYIZIGIYE A REJOINT LE CREATEUR ce 8 juillet 2018

Patiri Gamaliel BARANYIZIGIYE, yahora arongoye ishirahamwe ryitaho iterambere rya Diyoseze nkuru ya GITEGA (O.D.G), yaritavye Imana ku wa gatandatu, igenekerezo rya 8 mukakaro 2017

Ku musi wa gatatu, italiki 12 mukakaro 2017 niho  uwo Musuku w’Imana, yashinguranwa iteka ku Mushasha, inyuma y’inkuka ya Misa yaherejwe n’Umwungere mukuru wa Gitega, akikijwe n’abepiskopi babiri, uwa Muyinga n’uwa Ruyigi, n’abasaserdoti benshi cane bari baje bavuye mu Burundi bwose, kumwe rero n’abakristu bari buzuye Katedrale ya Gitega. Mu nyigisho yiwe, Umwungere yashimikiye kuri iri jambo ngo: „Kristu we buzima bwuzuye, niwe nyishu y’urupfu rwacu“. Ati: „Imana ntishobora kunanirwa no gukiza abayo, abo yiremeye, abo yitorye ikabagira ibibondo vyayo mw’ibatisimu, mbere ikabagomwa mu kubatuma mu murima wayo ihejeje kubatira mu butumwa bwayo!“… „N’ubu Kristu Yezu araturindiyiye ngo atwuzuze ubuzima budapfa“. Niko kwemera kwacu!

Patiri Gamaliyeli yavuka muri Paruwase ya Rukundo yarashikanye imyaka 50 y’amavuka iburamwo ukwezi kumwe, n’imyaka 19 mw’ibanga ry’ubusaserdoti. Imana yamye yizigiye imwakire mu bwami bwayo imushikirize n’impera y’abasuku beza! (P.Timothée H)

 

MESSE CHRISMALE À LA CATHEDRALE DE GITEGA! (Mushasha, le 1-4-2015)

En date du 1 avril 2015, Mercredi saint,  dans l’archidiocèse de Gitega, comme dans beaucoup d’autres diocèses de l’Eglise catholique du monde, a eu lieu la Messe chrismale.

Mais, pourquoi « chrismale ? »

La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême est consacré.

Du grec ?????? / khrísma qui veut dire huile ou onction, la messe chrismale, concerne la cérémonie au cours de laquelle l'Evêque consacre le saint chrême (S.C), huile qui servira dès les baptêmes de Pâques et tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont également bénites : l’huile des catéchumènes (O.C) qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands, et l’huile des malades(O.I), qui sert dans la célébration du sacrement des malades.

L'évêque concélèbre cette messe avec les prêtres de son diocèse afin de manifester l’unité de toute la communauté. Elle est tenue pour l'une des principales manifestations de la plénitude du sacerdoce. Diacres et fidèles participent également à cette célébration.

Normalement célébrée le Jeudi saint au matin, la cérémonie peut être avancée à un autre jour qui soit proche de Pâques.

En plus, dans cette célébration qui précède le Triduum pascal, tous les prêtres qui œuvrent dans le diocèse, réunis autour  de l’Evêque renouvellent leurs vœux d’engagement sacerdotal. C’est aussi l’occasion de féliciter officiellement les prêtres jubilaires.  A Gitega, cette année, le jubilaire (50 ans de vie sacerdotal) c’est l’Abbé Gaspard NIYIBIZI, natif de la paroisse Makebuko. Il a son apostolat au Grand Séminaire Saint Jean Paul II de Gitega, où il vient de passer 14 ans. La messe a débuté à 9h30 pour prendre fin vers 13h30.

Ici-bas, nous vous présentons l’homélie intégrale (en Kirundi) de S.Exc. Msgr Simon NTAMWANA, Archevêque de Gitega, lors de cet illustre événement, le 1 avril 2015 :  

“TURI KUMWE NA MUTIMA MWERANDA, TUBERE IGIHUGU C’IMANA INDEMESHA ZIBUSHITSE”.

Inyigisho y’Umwepiskopi wa Diyoseze Nkuru ya Gitega ku musi wa Gatatu Mweranda – Duhimbaze Umusi w’Ubusaserdoti bweranda bwa Yezu Kristu, mu Misa yo Guhezagira amavuta meranda – Ivyo vyose ni imigirwa myeranda yo ku wa Kane Mweranda (Mushasha 1-4-2015).

1. “Dukenguruke ingabirano y’Ekleziya-Muryango, igaburirwa na Bibliya Nyeranda, ikarangwa n’ingo nyeranda be n’Ibanga ryo kwiheberimana”.

Ba saserdoti bavukanyi nkunda, ni twebwe aba mbere duhamagariwe gukengurukira Imana ku ngabirano y’Ekleziya-Muryango. Ni twebwe aba mbere tubwirizwa kubereka ingene Ijambo ry’Imana rikora Umuryango w’abemera, hasi no hejuru, mu ngo no mubutumwa bwose umukama aha abana biwe, maze icamwa iryo jambo rizanye kigakabura umutima ukenguruka kandi ushemeza Imana ku vyiza iriko iragirira Ekleziya-Muryango.

2. Uyu mwaka w’Ubutumwa rero ntugende tudafashanije twese gukurira ubwatsi Dawe wa twese, ngo yongereze urukundo dufitiye Ekleziya-Muryango, Ijambo ryiwe ririmwo umutima n’ubuzima, ingo nyeranda arizo ngoro yiberamwo kandi agakoreramwo, gurtyo zikamwibarukira abamwihebera, mu ndagano nyeranda twigishwa n’Umwana Nyagusengwa wa Data, we yamye yihebera wese ukurangura ico Data ashaka (Raba Yoh 4,34).

3. Nyakwubahwa Patiri Gaspari NIYIBIZI, ni wewe shurwe duhereza Imana uno musi, uherekejwe n’umwe umwe muri aba basaserdoti, muri aba bihebeyimana, muri aba bakristu, nzi neza ko umwe umwe aramukanye impundu ishimira Imana kw’isemo ashitseko mw’ibanga Umuremyi yamushinze. Yubire nziza y’imyaka 50 y’Ubusaserdoti!

4. Umukama Yezu aratuburiye ico ari, n’ico tubereye na twe igihugu c’Imana. “Mutima w’Umukama ari kuri jewe” (Izaya 61,1; Luka 4,16). Mutima w’Umukama niwe yahinguye Jambo wa Data munda ya Bikira Mariya, nawe arigira umuntu, araza kubana na twe. Mutima niwe aherekeza Yezu mu buzima bwiwe bwose. Nta co akora adahagaze mu bumwe bwiwe na Mutima Mweranda, nkuko tubiyagira Yezu, imbere yo ku mwakira mu Misa, tuti: “Yezu Kristu, Mwana w’Imana nzima, kugushaka kwa Data, ufatikanije na Mutima Mweranda, warapfunye ngo uronkere abantu bose…” (Igisabisho c’imbere yo gusangira). Turakeneye gose kuba hafi ya Mutima Mweranda, kuba muri we, kungira ngo tube indemesha zibushitse mu paruwase turimwo, mu mitigiri y’abakristu turanguriramwo ubutumwa bweranda bw’Umukama. Turamutse tumwikuye n’akanya ide, ntaco dushobora gukora! Nitugabe rero ntihagire n’umwe muri twebwe yigira kure Mutima wa Kristu: yohava ajana inzira ya Yuda yaguze Yezu.

5. Yezu  yaje ngo amenyeshe Inkuru nziza aboro. Arazi ko umuntu wese yononywe n’igicumuro; arakeneye kuva muri ubwo bworo; kenshi umuntu we nyene ntashoka abona aho yahinyagaye. Yezu ashaka kubitwereka, ashaka kuduhumura. Na twe nitwasubira kubona neza, duhumure benewacu, tubakomeze: ni co Yezu atuma Petero, ati: “Ni wamara kwigarura, uraheza uremeshe benewanyu” (Luka 22,32).  

6. Yezu aje kumenyesha ababoshwe ko babohowe. Muri Kristu twararonse umwidegemvyo w’abana b’Imana; umwidegemvyo ataco usana n’ukugumuka, n’ukwigungana ivyo dushobora kuronka, ataco upfana n’ukwibagira bandi; ahubwo umwidegemvyo wakira mugenzanje, kandi mbere utegerezwa kumwakira, ukatwigisha twese ko turi bamagiriranire. Ni umwidegemvyo wadufashije gukunda Imana n’ugukunda benewacu twivuye inyuma. Ni umwidegemvyo udukabura ngo twihebere Ekleziya-Muryango ataco twinona, mu kanyamuneza ko gusangira n’Imana be na benewacu.

7. Yezu aje guhumura abahumye, no gusubiza ijambo abagendana ubumuga bwo kutumva. Yezu ni we Jambo wa Data. Ijambo rya Yezu niryo rivyara ijambo ry’Umuntu, niwe arigabira kugororoka, niwe ariha kwumvikana, kuko rije ryisunga ineza n’urukundo bikomoka kuri Kristu. Ijambo ry’Umusaserdoti rirahimbara igihugu c’Imana iyo rije riva kuri Kristu; iyo rije rimota ukuri kwiwe; iyo rije ryiyambitse ubweranda bwiwe; iyo riherekejwe n’urukundo rwa Kristu, ategeka abiwe kwamana urukundo rusa n’urwo yatweretse ko turi abatumwa biwe (Yoh 13,35; 15,9-17).

8. Yezu aturaze ubumwe buzanwa na Mutima Mweranda muri Ekleziya-Muryango. Yezu yarabudusabiye, mbere abugira iragi adusigaranye. Ubumwe bw’abigishwa ba Yezu ni bwo gasima gakomeza inyubakwa y’Ekleziya-Muryango. Ubumwe butangurira mu nzu, mu mubano turimwo; ubumwe bubonekera mu nama imwe tuba twagiye, kandi tukayishira mungiro ukwo yakabaye; ubumwe bubonekera mu kwitwararikana; ubumwe bw’abasaserdoti buja ahabona buciye mu rukundo bamaniranira, narwo rukabegeraniriza mu muvukano uzira kwinubana; ubumwe bwacu mu migambi no mu ndanguro yayo buraheza bukungira hamwe abo bose dushinzwe, bakivuta mu kudufasha ikivi co kwubaka no gushariza Ekleziya-Muryango wa Kristu.

9. Bavukanyi basaserdoti, mu kwinovora umusi mukuru w’ibanga ryacu, dusabiranire inema n’umutima vyodufasha kuremesha benewacu ngo ntibigere batirimuka ku ntumbero Kristu abashakira yo kuba Ekleziya-Muryango wiwe. Nabo ni co badusabira; nico batwitezeko; nico bashaka kurahura mw’ibanga ryacu. Mutima Mweranda ni yurure rya sigwa yatugiriye mw’Ibatisimu, mw’Ikomfirimasiyo, no mw’Isakaramentu ry’Ubusaserdoti. Amen.

Simoni NTAMWANA

Umwepiskopi Mukuru wa Diyoseze Nkuru ya Gitega.

 

RECOLLECTION A L'INTENTION DES MEMBRES DE L'UNION DU CLERGE INCARDINE A GITEGA (Procure Sainte Marthe de Mushasha, 23/02/2015) (copie 1)

0. Préambule :

En date du 19 janvier 2015, le Président de l’Union de Clergé Incardiné à Gitega (U.C.I-Gitega), Monsieur l’Abbé Frédéric NKURUNZIZA, a adressé une correspondance à tous les membres de cette association, leur invitant à une recollection d’une demi-journée, recollection qui devait avoir lieu lundi le 23/2/2015 à la procure sainte Marthe, sise à Mushasha, à partir de 8h30. Etaient aussi invités d’autres prêtres qui le voudraient.   

Dans sa lettre, l’Abbé Frédéric avait donné l’orientation et l’esprit de ce que c’est la recollection : vivre une récollection, disait-il, c’est prendre le temps de s’arrêter et de se mettre à l’écoute de Dieu sous la mouvance de son Esprit. L’étymologie de ce mot nous le précise d’ailleurs puisqu’il dérive du latin « recolligere », ce qui signifie « revenir sur soi », terme qui a donné naissance au mot français « recueillement ».

La date arrivée, une soixantaine de prêtres a pris part au rendez-vous. La retraite a été prêchée, comme prévu, par Monseigneur Joachin NTAHONDEREYE, Evêque de Muyinga, sur le thème : « LE CŒUR DU PRETRE, LIEU DE LA RECONCILIATION DU PEUPLE DE DIEU EN MARCHE VERS LE ROYAUME ».

1. Résumé sur la recollection :

Tout a commencé par une prière d’invocation à l’Esprit de Dieu, le Père, et de Jésus Christ, son Fils, envoyé pour réconcilier le monde avec Lui. Monseigneur Joachim n’a pas manqué dès le départ à saluer cette initiative qui vise le recueillement et le renouvellement de tout cœur désireux de se réconcilier avec Dieu. Le thème proposé par les chefs de l’UCI-Gitega, selon notre prédicateur, est le mieux indiqué pour un exercice spirituel dédié aux prêtres. Car, non seulement il invite tous les prêtres à se réconcilier avec Dieu (qui les envoie à la Mission), mais aussi il montre que ces mêmes-prêtres veulent que Dieu continue à se réconcilier avec son peuple (auquel chacun d’eux est envoyé), jusqu’à ce qu’il l’introduise dans son Royaume. « Pour avoir voulu m’associer à un tel exercice spirituel, si favorable pour me recueillir, au milieu de vous et avec vous, merci ! », s’exclamait, Monseigneur Joachim.

Instruisant l’assemblée dans l’esprit du thème donné, l’Evêque s’est servi principalement de:

1.     la 2 Cor 5,20-6,1, où il est écrit : « Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu. Et puisque nous sommes ses coopérateurs, nous vous exhortons encore à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu ».

2.     la relecture de la vocation et la mission du prophète Moise (divers passages des livres de l’Exode, Nombres, Deutéronome, etc.).

Ainsi, il prêcha suivant l’intention que voici: « Que les prêtres soient les premiers bénéficiaires de l’esprit de réconciliation, et que le Seigneur éveille en eux la passion d’être des réconciliateurs ».

En effet, dans notre Pays et malheureusement au sein des membres de notre Eglise, rappelait-il, il sévit encore des divisions profondes et douloureuses. Bien que désavouées par l’Accord d’Arusha, ces divisions ont occasionné des problèmes socio-ethnico-politiques qui réclament être résolus, et des blessures qui sont loin d’être pansées complètement. Force est de constater que la promotion de la culture de paix et la réconciliation est de toute actualité dans notre Eglise et dans notre pays. « Si les synodes diocésains n’y avaient pas pensé, il serait vraiment urgent de les convoquer  aujourd’hui», selon les termes de notre prédicateur. Le cœur de chacun des prêtres s’avère donc, aujourd’hui plus que jamais, dans l’Eglise du Burundi, « le lieu de la réconciliation avec le peuple de Dieu, en marche vers la cité de Dieu ».      

Choisis pour être des envoyés de la Bonne Nouvelle dans la personne du Christ et au nom de l’Eglise, les prêtres constituent un canal et un rayonnement de la réconciliation qui prend sa source en Dieu. Malgré leurs faiblesses humaines, Dieu leur offre sa communion en vue de faire alliance avec son peuple, tel qu’il l’a fait avec Moïse, cet homme le plus humble qu’a porté la terre, en faveur des descendants de Jacob. Par la grâce, Moise assumera le rôle de médiateur, de pont, entre Dieu-Libérateur et Israël-torturé dans l’esclavage- (cf.Ex 19,3-9).

Dieu a un projet pour Israël : le délivrer de ses oppresseurs... Il a vu son angoisse, sa misère et sa peine. Alors, en vertu de sa miséricorde, il se penche sur Moise pour réaliser ce projet se salut, pour réaliser l’Alliance scellée avec Abraham (cf. Ex 3,7-20). Il lui donne autorité de parler en son nom ; il fait de lui un canal de la foi, de la grâce et de la miséricorde en faveur de son peuple déporté et qui ne se rappelle plus ni de la fraternité, ni de la réconciliation (cf.Ex 2,14-13).  Moise est l’un de ceux que l’esclavage a rendu incapable de pardon : il a tué et caché dans le sable un Egyptien qui venait de frapper un Hébreu (Ex 2,12). Toutefois, c’est vers lui que Dieu se dirige : « Va et libère mon peuple ! ». « Maintenant va, je t'envoie auprès de Pharaon, fais sortir d'Egypte mon peuple, les Israélites."» (Ex 3,11).

Mais, pourquoi DIEU poursuit-il MOISE, jusqu’à Madian ? Pourquoi tenir tant à s’associer à homme dans une œuvre que Dieu lui-même pouvait accomplir ?  (en effet, selon Ex 3,8, Yahvé avait dit : « Je suis descendu pour délivrer mon peuple de la main des Egyptiens… »). Yahvé veut faire de Moïse un instrument de la réconciliation ; il veut le rendre participant de son bonheur. C’est pourquoi Moise ne pourra agir que par la force et la grâce de celui qui l’a envoyé. Et de fait, à peine sorti d’Egypte, le peuple crie sa peur et sa détresse quand il s’est vu poursuivi par Pharaon et ses armées (Ex 14,5-14). Il criera aussi à cause de la soif et la faim au désert (Ex 15,22-16), jusqu’à ce que Dieu lui-même intervienne. Et une fois le miracle advenu (Ex 14), « les fils d’Israël crurent en Dieu et en Moise son serviteur » (Ex 14,31b). Ceci dit : « sans Dieu, la vocation de Moise ne saurait s’épanouir, ni se réaliser ». La même chose passe avec le prêtre.    (***)…

Pour conduire Israël vers la terre promise, Dieu a voulu ne faire qu’un avec Moise. Par Moise, Il a fait sortir les israélites de terre de l’oppression (Ex 13,17) ; par Moise, Dieu a fendu la mer en deux parties pour assurer leur « traversée » ; par Moise, Dieu a conduit le peuple vers la terre promise, assurant chaque fois leurs besoins bien souvent par l’intercession de son serviteur Moise ; par Moise, Il a donné sa Loi à son peuple, son code d’Alliance avec ce dernier (Ex 19-23). Ensuite, Dieu a appelés les Israelites à la communion avec Lui par le sang (symbole de la vie) des taureaux, donnant l’autorité à Moise de diriger cet acte tellement sublime (Ex 24). Et, enfin, Dieu a renouvelé son alliance avec eux (Ex 32), toujours par l’intermédiaire de Moise. Celui-ci, à maintes reprises, intercédait pour ce peuple nécessiteux de la conversion, pour que Dieu ne l’anéantisse pas. Ainsi, Moise est devenu comme le conseiller de Dieu, et un conseiller de marque. Car, si Dieu anéantissait son peuple, il aurait compromis son initiative. En cela, le cœur de Moise est devenu le lieu de réconciliation et de la communion de Dieu avec son peuple. Mais, il a fallu que Moise entre le premier dans cette réconciliation, dans cette communion, avant de pouvoir y conduire les autres. Il en vaut également pour les prêtres, aujourd’hui plus qu’hier.

Comme prêtre, en cherchant à être des réconciliateurs,  nous devons accepter d’être comme Moise de Madian : ce Moise trouvé assassin par ceux qui sont devenus incapables de réconciliation, ce Moise pourtant immergé dans la communion totale avec Dieu-Libérateur. Nous pouvons penser et élaborer bien de stratégies, mais si elles n’émanent pas de Dieu, nous échouerons. Car, c’est la communion avec Dieu qui donne l’harmonie de nos rapports avec Lui. Il a fallu que Moise entre pleinement dans cette logique. Réconcilié avec Dieu, devenu un intime de Dieu, il a pu, malgré ses limites physiques, morales,… conduire Israël à bon port. De cette réconciliation, de cette communion de départ, pourrions-nous dire, a jailli la réconciliation, la communion du peuple de Dieu en marche vers la terre promise, une terre qui, loin d’être un territoire, est un style de vie, marquée par l’amour et la justice.

Comme culmination de la tâche de médiateur, vis-à-vis de Dieu et de son peuple, Moise accepte humblement de mourir, sans même pisser la « terre », bien qu’il l’ait vue de loin. Il accepte de mourir pour que Dieu soit tout pour Israël. En outre, Moise avait eu toujours cette conscience que Dieu susciterait un autre prophète du milieu d’Israël (Dt 18,5), chose qui nous montre qu’il était conscient tout au long de son ministère que son rôle s’arrête à la médiation.

Alors, nous les prêtres, sommes-nous conscients de l’essence de notre ministère et de ses exigences ? Et si nous en sommes conscients, quel sens donnons-nous à notre mission de réconciliateurs ? Nos limites doivent nous convaincre que nous vivons comme tout le monde (cf. Rm 7,14-25). Nous vivons ce que vivent les autres membres du corps du Christ. Ces divisions qu’ils souffrent, nous en souffrons nous-mêmes (cf. 2 Cor 12,7-10). Nous ne sommes pas meilleures que Saint Paul. Pour ce, nous devons toujours chercher à retrouver notre unité avec Jésus Christ, à rester en communion avec l’Eglise. Il nous faut rester unis, fidèles à la mission,… même si cela doit nous coûter beaucoup de patience, l’écoute, la concertation, le pardon fraternel, … une réconciliation connexe de la miséricorde. 

2. Clôture :

La récollection  a été clôturée par une Messe d’action de grâce à laquelle a participé la quasi-totalité des participants à cet exercice spirituel. Un déjeuner, nourri par des échanges divers, fut aussi partagé avant de se séparer vers 16h00.    

Mushasha, le 23 février 2015 

                                                                                Le rapporteur :

Abbé Timothée HAKIZIMANA

SESSION D'EVALUATION SEMESTRIELLE A L'INTENTION DES SEMINARISTES EN ETAPE DE STAGE PASTORALE (Mushasha, 6-8 avril 2018)

L’archidiocèse de Gitega compte cette année 2015 avec 13 séminaristes en étape pastorale. Il s’agit de :

Nom et Prénom

Paroisse d’origine

Paroisse d’Affectation

1. EZABO Alain Fiston Mermoz

KARUSI

MWARO

2. SABUSHIMIKE  Désiré

MUMURI

NYABIKERE

3. NKURUNZIZA  Innocent

MBOGORA

P.S MUGERA

4. NDAYISENGA  Prosper

MBOGORA

RUKUNDO

5. NDAYISHIMIYE  Éric

NYANGWA

MUMURI

6. NKUNZIZA Wilson

NYANGWA

L.N.D. DE LA SAGESSE

7. NDAYIKEJE Fulgence

NTITA

Reine des Pauvres (Prison)

8. NSENGIYUMVA Fulgence

NTITA

MURENDA

9. NDAYIZEYE Dominique

NYABIKERE

NYANGWA

10. NIYONGABO Alain Blaise

MWARO

MBOGORA

11. CONGERA Papias

MUSHASHA

NDAVA

12. MANIRAMBONA Moïse

KIBUNGERE

KARUSI

13. NDUWAYO Rémy Remus

RUKUNDO

P.S MUGERA

 

Pour évaluer leur labeur dans leurs postes de stage, une session spéciale a été organisée au Centre pastoral de Gitega, sise à Mushasha, du soir 06 avril au matin du 8 avril 2015. Comme d’ordinaire, chacun d’eux est venu muni d’un rapport semestriel qui relatent la vie et les activités accomplies depuis sa date d’arrivé jusqu’à la date d’évaluation. La procédure consistait à lire, l’un après l’autre, les rapports écrits pour, ensuite, en faire des commentaires, et poser les questions y relatives s’il y en a.

L’’évaluation s’est bien déroulé à tous les points de vue. Nos jeunes stagiaires acceptent avoir passé de moments inédits dans leur poste d’attache. Joies et peines confondues, la grâce unie à la volonté, tout s’est formulé en une philosophie de la vie-en-vrai. Quelques problèmes connexes à la vie communautaire et à la pastorale, tels que les surcharges d’agenda pastoral, des malentendus entre confrères-prêtres d’une même communauté, mal-compréhensions, absence de dialogue entre confrères, absence de consensus au moment de la programmation des activités, moments de prière non respectés, …, se remarquent, selon nos stagiaires. Nonobstant, le côté positif prend le dessus partout.  Ainsi, par leurs activités quotidiennes qui scandent la pastorale en paroisse, nos séminaristes affirment avoir eu l’occasion de prouver que la parole de Jésus, selon laquelle « la moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux » (Mt 9,37 ; Lc 10,2), est une réalité indéniable.

Pour terminer la session, l’Animateur Diocésain des Vocations, Abbé Barnabé NTAHOYAMA  a synthétisé les rapports lus pour en dégager des conclusions utiles pour la bonne fin de l’étape de stage et la bonne continuation de leur cheminement vocationnel. Lui et son adjoint, Abbé Timothée HAKIZIMANA, ont profité de l’occasion pour prodiguer aux séminaristes en présence  des conseils qui visent à relancer leur vie spirituelle, des conseils qui les invitent à être sages pour assainir leurs relations avec leurs directeurs de stages et les autres confrères prêtres, avec les consacrés, avec tous les fidèles (jeunes comme les adulte),… et à être prudents pendant cette période électorale compte tenu de la situation qui prévaut dans notre pays.

 L’Eucharistie de clôture a été célébrée dans la chapelle des Sœurs de la Visitation, le matin 8 avril 2015 avant le retour dans les postes respectifs de stage.    

 

ABBÉ (CAPITAINE) ALBERIC SINDIHEBURA A REJOINT LE CIEL À L'AGE DE 83 ANS

Alors qu'il était hospitalisé à Bijumbura (Hôpital militaire), l'Abbé Alberic SINDIHEBURA a rendu l'âme dans la soirée du 5/11/2014 à l'âge de 83 ans. Son enterrement a eu lieu six jours après, à Gitega, au cimétière de Mushasha. Comme il fut aumônier militaire, les cérémonies ont commencé par un hommage militaire, depuis la grand-salle de la Paroisse Mushasha, puis poursuivies par une messe de requiem dite à la Cathédrale Christ-Roi. Dites cérémonies étaient présidées par Monseigneur Simon NTAMWANA, Archevêque de Gitega et Monseigneur Venant BACINO, Evêque de Bururi. 

Nombre de prêtres, religieux et religieuses, et de laïcs de Gitega et des autres diocèses étaient sur place pour la circonstance. 

  • Homélie: 

"Pour celui qui croit en vérité, rien ne peut lui séparer de l'amour de Dieu!" En partant de cette forte conviction que saint Paul apôtre témoigne aux chrétiens de Rome (cf. Rm 8,35-39), l'Archevêque de Gitega a rassuré l'Assemblée que la mort du serviteur de Dieu, Abbé Albéric SINDIHEBURA, mème si elle reste un événement douloureux, ne doit pas chasser en nous l'espérance, la foi et l'amour que nous avons en Dieu. Nous en avons l'assurance, dit Saint Paul, "ni la vie ni la mort, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature, ne nourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus, notre Seigneur" (Rm8,39). Monseigneur Simon a attesté plusieurs fois que le vie de feu Alberic Sindihebura a toujours été un témoignage de cet amour "manifesté dans le Christ Jésus", depuis le jour de son Baptême jusqu'à s'offrir au service de Dieu et de la Nation Burundaise, comme prêtre, pour la plus grande Gloire de Dieu-même et le salut de beaucoup d'âmes. "Son dévouement à l'annonce de l'Evangile et à l'apostolat en générale lui ouvrira les portes du bonheur céleste", disait l'Archevêque. Notre pasteur-prédicateur, pour terminer a certifié que la mémoire laissée par Abbé Alberic SINDIHEBURA peut se condenser en ces paroles: "Sont heureux ceux qui se reposent dans le Christ parce qu'ils ont atteint la perfection de l'amour de Dieu".  

  • Mais, qui est Abbé  Alberic SINDIHEBURA? (prochainement)

 Abbé Alberic SINDIHEBURA est né en 1931 dans la paroisse RUMEZA, dans l'actuel Diocèse de BURURI. De 1943 à 1950, il fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Mugera. De 1950 à 1953, Il étudie la Philosophie au Grand Séminaire de Nyakibanda au Rwanda. De retour au Burundi, de 1953 à 1956, il est au Grand Séminaire de Burasira où il étudie la Théologie. En 1958,  il part en Belgique pour poursuivre ses étudesthéologiques où il recevra le ministère du sous-diaconat à Heverle, puis l'ordre du diaconat en date du 7 avril 1958. Il fest ordonné prêtre le 20 avril de la même année à Arnehem, en Hollande. Revenu au Burundi, de 1958 à 1960, il est chargé de la supervision des écoles primaires de la paroisse Buhonga. De 1960 à 1961, il passe à Louvain (Belgique) pour étudier encore. De 1962 à 1965, Il enseigne au Petit Séminaire de Mugera et prête main forte au Bureau Diocésain chargé de l'Education à Gitega. De 1965 à 1967, il enseigne dans une école qui était à Makebuko et qui se chargeait de la préparation des candidats futurs séminaristes. En 1967, il retourne à Mugera comme éducateur au Petit Séminaire. De 1970 à 1973, il est professeur et directeur d'internat au Collège Notre Dame de Gitega, actuellement dénommé "Lycée Notre Dame de la Sagesse" (depuis l'année 2008). Du 1er juillet 1973 juqu'en 1981, il est chargé de l'aumônerie militaire et, là bas, il a décroché le grade de capitaine. En 1982, il est revenu au Collège Notre Dame comme éducateur, fonction qu'il a excercé jusqu'à l'heure  de sa pension qui devait débuter en 1992. Il continuera sa vie résident au Collège Notre Dame, devenu le Lycée Notre dame de la Sagesse. Nonobsatant, il n'a pas cessé de manifesterr son amour à l'apostolat. Il a été Recteur du Sanctuaire marial de Mushasha (lieu de son grand attachement jusqu'à sa mort). Il a été aussi aumônier de l'Hopital Réginal de Gitega où il a oeuvré juqu'en 2012. Au cours de ces deux dernières années de sa vie, il est resté avec une santé fragile et, plus d'une fois, il s'est fait hospitalisé pour voir comment améliorer sa santé physique qui allait toujours decrescendo avec l'âge. Que Dieu ait son âme! 

RETRAITE DES PETITS SEMINARISTES DE MUGERA (11-15 MAI 2015

Depuis le soir du 11 mai à l’après-midi du 15 mai 2015, un groupe de 52 séminaristes venu du Séminaire Moyen de Mugera a vécu une retraite prévue à leur intention, comme c’est la coutume dans ce Séminaire il y a bien d’années. Dite retraite s’est déroulé au Foyer Notre Dame de l’espérance de Giheta. Elle a été prêchée par A. Timothée HAKIZIMANA, l’animateur adjoint des Vocations dans le Diocèse de Gitega.

Les instructions données étaient structurées autour du thème « PRÉ-DESTINÉS À REPRODUIRE L’IMAGE DU FILS DE DIEU » (cf. Rm 8,29b). En guise d’introduction, le prédicateur a cherché à mettre les retraitants dans un climat de recueillement, de prière et du silence, tout en expliquant ce que c’est une retraite, les attitudes qu’il faut prendre et le pourquoi d’une retraite pour les élèves pré-finalistes du Cycle Supérieur des études secondaires.

…« Nous sommes venus ici pour une raison spirituelle ; parce que notre âme a soif du Dieu Vivant. Lui est le garant de la vie, la vie sainte. Pour participer à la vie de ce genre, Dieu lui-même nous y attire, depuis notre création jusqu’à notre rachat accompli par Jésus Christ, qui est un acte de nouvelle Création ; depuis le "Faisons l'homme à notre image, comme à notre ressemblance » (Gn 1,26), jusqu’au « pardonne-leur Père : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Nous ne sommes pas donc ici pour un simple pèlerinage, encore moins pour faire du tourisme. Nous sommes ici pour méditer, pour rencontrer le Seigneur, écouter sa voix afin de pouvoir répondre à la vocation qu’il nous propose et éviter de suivre nos désirs mondains  » … « Alors, chers amis, vivre une retraite, c’est prendre le temps de s’arrêter, de réfléchir sur sa vie personnelle et de se mettre à l’écoute de Dieu sous la mouvance de son Esprit. Consacrez donc ce temps au Saint-Esprit de Dieu. Profitez-en au maximum ! C’est un temps de grâce ! Ne ratez pas l’occasion d’entrer dans la chambre où réside ‘celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes’  (cf. Jn 1,45). Ne soyez pas distraits, mes amis ! » …« Elle est noble et fondamentale la raison qui pousse le Petit Séminaire à prévoir un temps de retraite pour les jeunes pré-finalistes. C’est que ceux-ci, avec cette étape estudiantine, ils commencent à prendre ou penser prendre des décisions fondamentales pour leur vie future. Alors, ils ont besoin de se mettre à l’écoute de Dieu en vue de faire un sérieux discernement avant d’entreprendre une voie vocationnelle parmi plusieurs qui semblent s’ouvrent devant eux. En plus, l’expérience a montré que la prière, surtout pendant les moments de retraite, a une importance cruciale pour cette fin », expliquait le prédicateur. 

Durant trois jours (12-13-14 mai), le thème « Prédestinés à reproduire l’Image du Fils de Dieu » a été développé en deux grand points à savoir :

1º) Le discernement vocationnel, chemin qui mène à la rencontre avec le Seigneur et sa volonté ;

2º) « Le seigneur appelle, séduit et transforme en vue de réaliser le salut destiné à toute l’humanité ».

Ainsi, on a eu l’occasion de parler, avec détails, de la vocation, la vocation à la sainteté comme vocation première et universelle, du discernement vocationnel, de l’accompagnement vocationnel, de la présentation des trois chemins vocationnels (le mariage, le sacerdoce, la vie religieuse), de la rencontre avec Jésus, de l’appel séduisant de Dieu et de la réponse du sujet, des exigences de la vocation apostolique, etc.… L’occasion se fit également propice pour dérouler le thème principal de la retraite à la lumière de divers exemples d’appels que nous offre la Bible, depuis Abraham, passant par les prophètes (Moïse, Samuel, Jérémie, Isaïe, Ezéchiel, Jonas,…)  jusqu’à l’appel de la Mère du même Fils Dieu (la Sainte Vierge Marie), et d’autres appels qui enseignent beaucoup sur le dessein de Dieu sur ses créatures, les plus nantis : les hommes (exemple de Saint Paul).  

Dieu est Libre plus que l’homme sa créature. Il est libre dans ses choix. Il appelle qui il veut, quand il veut, comment il veut et où il veut, pour l’envoyer là où il veut.  Mais avant tout, il nous demande tous d’être saints comme Lui (cf. Ex 22,30 : « Vous serez pour moi des hommes saints » ; Lv 19,2 : « Soyez saints car, Moi Yahvé, Votre Dieu, je suis saint » ; Mt 5,48 : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait »).  Pour ce, il ne faut pas forcer ou forger la vocation. En termes de vocation, personne n’occupe la place de l’autre, comme personne ne choisit la vocation à la place de l’autre ! « Ta maman, ton père pourrait être un guide vers cette vocation. Mais, jamais, elle ou il ne doit décider à ta place ! »  De même, on n’a jamais le droit de rester sourd à l’appel du Seigneur (Lc 9, 57-62 ; Mt 8, 18-22). Plutôt on doit répondre comme si c’était une personne qui vous appellerait par votre nom. L’appelé se doit d’écouter cette voix, d’accueillir les exigences qu’elle suppose et d’obéir aussitôt, sans hésitations, ni réserves, soulignait le prédicateur.

En réponse à l’appel de Dieu, l’image de l’escalade a été choisie par a l’Abbé Timothée, prédicateur de la retraite, pour expliquer l’ascension des hommes vers Dieu. « Si la vocation est un chemin à parcourir, la réalisation de ce parcours consiste en une sorte d’escalade, d’ascension, de montée spirituelle. Pour se faire, en plus de rester attaché à la corde (Esprit saint), chacun aura besoin nécessairement d’un bon guide (accompagnateur spirituel) et de certains encrages spirituels  comme la Parole de Dieu, la méditation, la réception des sacrements, la fréquentation de l’Eucharistie et de la Confession (rupture avec le péché), l’accompagnement spirituel, le service des autres / les œuvres de miséricorde, etc. », affirmait-il.  

De sa part, l’appel à la suite du Christ comme prêtre ou un religieux, est un charisme, un don du Saint Esprit. Elle n’est jamais un mérite. On le sait bien, personne ne se consacre pas lui-même à Dieu. C’est Dieu qui appelle à la consécration, et après qu’il t’ait accepté, tu deviens un être consacré. Il s’agit d’une vocation spéciale et plus exigeante, une vocation qu’on accomplit à partir d’un acte passif. D’où l’importance  capitale du discernement de la voix de Dieu pour ne pas se tromper de voie. He 5,4-6, nous montre que nul, ni même le Christ, s’attribue le droit d’être prêtre : « Nul ne s'arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron. De même ce n'est pas le Christ qui s'est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré; comme il dit encore ailleurs: Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech ».

Pour les autres vocations, c’est la même chose. Aucun chemin n’est facile à parcourir. Tout chemin vocationnel devient impraticable pour celui qui s’y fonce par pur désir humain.

Dieu appelle toujours pour une mission. C’est pourquoi, celui qui a rencontré le Seigneur ne peut pas le garder pour soi seul.  « …la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ » (Rm 10,13). Le pape émérite  Benoît XVI, réitérait cette invitation  à plus de 2 millions de jeunes à Madrid, le 21-8-2011 : « On ne peut pas rencontrer Jésus et ne pas le faire connaître aux autres. Pour ce, ne vous gardez pas le Christ pour vous seuls ! Annoncez aux autres la joie de votre foi. Le monde nécessite le témoignage  de votre foi, il nécessite à Dieu. »… Et il disait encore, « N’ayez pas peur chers jeunes de suivre le Christ avec décision et détermination … Je vous rappelle que suivre Jésus dans la foi, c’est cheminer avec lui dans la communion de toute l’Eglise. Celui ou celle qui cède à la tentation d’aller seul vivant dans la mentalité individualiste , court le risque de ne jamais rencontrer Jésus, ou de suivre une fausse image de Jésus ».

Pour terminer les instructions, le matin du vendredi 15 mai, le prédicateur a instruit les retraitants sur « la Vierge Marie », exemple prototype de la réponse indéfectible à l’appel inconditionnel de Dieu (Lc 1,26-38). La réponse de Marie à l’Ange montre bel et bien que Marie était une femme de foi. Elle confia d’un coup à une réalité sans précédent et elle n’eut pas peur du « qu’en dira-t-on qui devait l’attendre », ni du sort des autres femmes enceintes sans être mariée officiellement. Marie répond à l’appel de Dieu avec foi, amour, spontanéité, liberté, dévotion, ferveur, … Marie donne sa réponse comme plongée, immergée totalement dans l'océan de grâces dont Dieu lui a couvertes avant meme sa conception. Marie s'offre tout entière à la volonté de Dieu. "Me voici,la servante du Seigneur, que tout s'accomplisse pour moi selon ta parole".

Ainsi, doit répondre tout jeune doit répondre qui se sent appelé par Dieu à suivre le chemin tracé par son Fils Jésus Christ, Dieu fait homme dans le Sein de la Vierge Marie.  Sûr, On n'est pas tous garnis des dons de Marie, mais son aide nous y élève.